jeudi, 03 mai 2012

Les Osmond Brothers : le retour avec un nouveau CD

Wembley 33 (Copier).jpg

Les Osmond Brothers formaient sans doute ce qu'on allait appeler bien plus tard le premier boys band. Dans les années 70,  des cohortes de filles prépubères en furie déferlaient aux concert et s'époumonaient jusqu'à la dernière note de "Crazy horses". L'Osmondmania venait d'être inventée et la frénésie s'étoffait d'accents encore plus incisifs lorsque le jeune Donny, le chouchou du groupe se manifestait en roucoulant le sirupeux "Puppy love" écrit par Paul Anka. Et j'en étais! Les années ont filé mais je n'ai pas oublié cette famille mormone qui faisait battre mon coeur d'adolescente. Et je suis demeurée fan. 

En avril dernier, alors que trois d'entre eux se trouvaient en tournée en Angleterre, leur dernier album studio était distribué. Si le CD a été largement distribué outre Manche (HMV, l'un des leaders anglais des détaillants en disques le classait en magasin parmi ses meilleures promesses de vente) et ensuite aux Etats-Unis, la sortie de "Can't get there without you" est demeurée confidentielle sous nos latitudes francophones.

Fin des années 70, les frères Osmond ont disparu de la circulation. Le monde musical avait changé et la famille, grugée par de mauvais conseillers, ployait sous le poids des dettes. Si la flamme pour les Osmonds semblait éteinte dans les contrées francophones, la famille n'a jamais cessé de raviver l'étincelle dans les pays anglo-saxons. Avec bonheur puisqu'aujourd'hui encore, ils font recette partout où ils passent et entretiennent avec tact et amour le contact avec des fans assidus. 

IMG_6146 (Copier).jpgLeur dernier CD ne rassemble hélas pas toute la famille (à l'exception du mélancolique "Remember me") et pose surtout l'accent sur la voix rocailleuse, dense et pourtant fragile du benjamin Jimmy. L'album présente un  bel aspect d'ensemble, pailleté de morceaux finement ciselés, doux et efficaces qui se fondent dans l'oreille. L'influence country qui imbibait les albums précédents des frères, est ici absente. C'est une pop tranquille, nostalgique façonnée pour capter l'âme. Seul un titre - "Getcha goin' my way" - résonne plus rock et éclatant. Composé dans les années 70, ce morceau n'avait jamais été inclus dans un album mais avait figuré dans la bande son du dessin animé qui leur avait été consacré, à l'instar des Jackson 5. J'ai un faible pour "Take me home", l'une des mélodies les plus suaves de l'album. Question sensation, c'est comme si la chanson me laissait l'empreinte du sel sur la peau lorsque la vague se retire. Seule ombre au tableau : la pochette trop austère, trop sombre et il faut bien le dire, sans grand intérêt graphique. Et sans doute aussi... la tournure un peu succincte du CD qui dure à peine 35 minutes.

Bien que courte, la promenade musicale est parfumée à souhait d'embruns nostalgiques mais assez modernes pour accrocher un public actuel qui ne les connaît pas. Présents sur scène depuis plus d'un demi-siècle, les Osmonds ont réussi un pari que peu d'artistes parviennent à relever : défier les modes et la dictature musicale. Ecoutez, vous comprendrez.


 

dimanche, 18 mars 2012

Cloclo forever : c'était hier mais aujourd'hui rien n'a changé

affiche cloclo film claude françois jérémie regnierJ'attendais énormément du film de Florent Emilio Siri "Cloclo" et je n'ai pas été déçue. Oui, j'ai été fan de Claude François (ce qui donne une petite indication sur mon âge) et j'avoue l'être toujours. A 6 ans, j'ai eu la chance d'assister à l'un de ses concerts et même de l'embrasser en lui offrant, émue et timide, mon bouquet de roses. Il avait tout d'un prince charmant pour la petite fille que j'étais. Et pourtant, le long métrage de Siri nous présente avant tout un homme dans toutes ses contradictions, un artiste pétri de doutes ou de certitudes et de ce besoin impérieux d'être aimé. Jamais le cinéaste ne tombe dans l'écueil de la complaisance, ce qui truffe son oeuvre d'authenticité, de réalisme et d'émotions vraies.

Jérémie Regnier, l'acteur belge qui incarne Claude François livre - on l'a déjà écrit et dit maintes fois - un éblouissant travail d'acteur, tout en subtilité et en sensibilité. Son interprétation est saisissante de vérité parce qu'elle ne bascule pas dans l'excès ou la caricature. On se trouve au-delà de l'imitation pure et simple. La voix n'est sans doute pas ressemblante mais on l'adopte sans problème parce que Regnier mise sur autre chose. Sur l'humanité d'un artiste narcissique certes mais bourré de talent, dégoulinant d'inspiration et palpitant d'émotions à fleur de peau. Qu'on l'aime ou qu'on le déteste, Claude François force le respect par sa rage de vaincre. Et si la vie, ce n'est pas du cinéma, la vie de l'idole des favinettes valait bien un film et quel film!

Le rythme flamboyant de la narration, un casting qui fait mouche et une bande son qui vous donne l'envie de vous trémousser sur votre fauteuil, contribuent à restituer la magie d'un destin qui n'est pourtant pas que jalonné de paillettes. Avec Siri, le mythe est fissuré pour mieux exposer les fêlures d'un homme jaloux, possessif à l'extrême (sa première femme finit par lui préférer Gilbert Bécaud), amoureux transi jamais satisfait, un artiste généreux mais obsédé par son boulot jusque dans sa manie morbide du détail.

Le film "Cloclo" est sans conteste une belle réussite et ravira les fans autant que les sceptiques. A voir et à revoir pour faire naufrager les papillons de notre jeunesse...

mercredi, 11 janvier 2012

Vinyle : trois petits tours et puis s'en reviennent...

vinyle,disque,cd,noir,album,collector,disquaires,platinesEh oui. J'ai connu le temps des vinyles, des saphirs et des platines. Comme tous les mélomanes, j'ai vu poindre, d'une oreille ravie, l'invention du compact disc et comme la plupart des possesseurs de galettes vinyles à la fin des années 1980, j'ai voulu me débarrasser de mon encombrante collection de 33 et de 45 tours, pour la remplacer par des CD. La pureté cristalline du son, le format  certes un peu épais et rigide mais pratique pour le rangement et les reflets irisés de l'objet reléguaient les antiques microsillons au rang de dinosaures. 

Début des années 1990, les commerces de rachat étaient submergés d'offres de particuliers désireux de céder leurs vinyles. Je me souviens du responsable d'un magasin qui déclinant mon offre, m'assura que la plupart des albums qu'il avait acquis, finissaient à la décharge publique. Qui aurait cru à ce moment que le disque noir allait, quelques années plus tard, reprendre du poil de la bête et devenir une pièce culte, collector recherchée par les collectionneurs, les indécrottables nostalgiques mais surtout  un nombre croissant de jeunes tombés sous le charme des microsillons.

Si j'écoute encore rarement des vinyles, j'en achète fréquemment. Comment vous expliquer cette attirance bien physique que j'éprouve pour ces galettes noires...  L'objet a quelque chose de sensuel, de souple, de lascif. De rassurant et de chaleureux aussi. Comme le son crépitant des bûches qui se consument lentement dans l'âtre. J'écume toujours avec plaisir les boutiques de disquaires, guidée par l'odeur pénétrante et indéfinissable de ces "grands CD". Je m'empresse de glisser mes doigts impatients entre les albums, pouvinyle,disque,cd,noir,album,collector,disquaires,platinesr qu'ils exhalent leurs parfums discrets et synthétiques. Même le pppfffshhh provoqué par le frottement des 33 tours qu'on passe en revue, est doux, voluptueux, félin. Et puis, la pochette d'un 33 tours a tout de même plus de classe, plus d'impact que celle d'un CD. L'achat d'un disque est aussi dirigé par l'esthétique de l'emballage. Certaines pochettes sont de véritables oeuvres d'art qui sur un CD, ne peuvent être appréciées à la même dimension. Tentez seulement d'apprécier un tableau de maître sur un timbre poste pour voir! 

Le son digital est bien évidemment limpide, argentin. Certains l'ont décrété froid, métallique, dépourvu d'émotion, et ne jurent que par les grésillements et les crépitements du sillon langoureusement caressé par l'aiguille. Poser un disque sur une platine, déposer délicatement le bras du pick-up, doucement retourner le disque pour découvrir sa face B, c'est comme un cérémonial.

Le vinyl n'a pas dit son dernier mot et le vintage a décidément encore de beaux jours devant lui. Tant que la platine tournera...