Poivre et miel

  • Miroir, mon beau miroir...

    Il paraît que les gens les plus beaux réussissent mieux dans la vie que les autres. Lors d'un entretien d'embauche, ils ont plus de chances d'être repérés, même si leurs capacités et leur niveau d'études sont inférieurs à d'autres candidats, moins avantagés physiquement. Mieux encore (enfin... ça dépend de quel côté on se situe): leurs salaires sont plus élevés et on a tendance à pardonner plus facilement aux charmants minois. De nos jours, l'emballage est décidément plus impressionnant que le contenu. 

    Il n'y a qu'une catégorie professionnelle qui semble peu touchée par le phénomène. Les politiciens sont, à mon avis, rarement séduisants et nous sommes cependant nombreux à tomber dans leurs filets. Le pouvoir se suffirait-il à lui-même? L'exercice du pouvoir et le charisme échappent à la tyrannie de la beauté. Comment capture-t-on des voix, assises essentielles d'une carrière politique? C'est encore un mystère pour moi mais je suppose qu'un mélange d'empathie et d'emberlificotage rendent la recette irrésistible. 

    Pourtant, la beauté est un leurre, reconnaît la sagesse populaire. Ne dit-on pas que l'habit ne fait pas le moine? Et même si la beauté est dans les yeux de celui qui regarde (Oscar Wilde), force est de constater que beaucoup d'entre nous seraient prêts à sacrifier jusqu'à leur âme pour posséder la beauté éternelle. Selon l'étude de la psychologue française, Scania de Schonen, directrice de recherche au CNRS, des bébés de seulement trois jours fixent davantage les visages gracieux que les autres. 

    On n'a sans doute jamais autant cultivé le culte de la beauté. J'en veux pour preuves le selfie stick et notre obsession de l'image. L'importance de l'apparence est telle que nous nous arrêtons souvent à la première impression et que par être, nous entendons paraître. Plaire à tout prix pour être mieux accepté dans la société, pour se sentir mieux dans sa peau... mais le miroir dit-il la vérité?

  • La fine fleur sur les pavés de la Grand Place de Bruxelles

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    Comme chaque année à pareille époque, le tapis de bégonias, le 20e du nom, est composé de plus de 600.000 fleurs qui s'étirent sur 75 m de long et 24 m de large, soit 1800 m² de bégonias chamarrés. Originaire des Antilles, le bégonia est fort heureusement robuste et résiste aux caprices de notre climat. Ce qui nous arrange bien. Qui plus est, la Belgique produit annuellement 60 millions de bulbes. C'est 80% de la production mondiale cultivée essentiellement à Gand.fleurs,bégonias,tapis,tapis de fleurs,bruxelles,belgique,brussels,brussel

    fleurs,bégonias,tapis,tapis de fleurs,bruxelles,belgique,brussels,brusselCette année, c'est le Japon qui est mis à l'honneur avec un design créé à la façon Ikebana. Diplômée de l'université japonaise Sapporo School of Art en 2001,Fujie Suzuki a conçu un superbe arrangement floral, dicté par la tradition nipponne. L'arrivée du printemps coïncide ainsi avec la contemplation de la beauté des fleurs (Hanami) et l'épanouissement des fleurs de cerisiers qui embaument.  

    fleurs,bégonias,tapis,tapis de fleurs,bruxelles,belgique,brussels,brusselCette année qui célèbre les 150 années d'amitié belgo-japonaise, fleurs,bégonias,tapis,tapis de fleurs,bruxelles,belgique,brussels,brusselmet justement l'accent sur la nature au sein de la tradition japonaise, explorant divers thèmes comme les oiseau, les fleurs, le vent, la lune, les koïs (des carpes japonaises), symboles de force et de croissance, les pins et les bambous, signes de bon augure, et cerise sur le gâteau: la fleur de cerisier (Sakura).                                         

  • Les crimes impunis contre la nature

    pollution,environnement,co2,terre,climat,réchauffement,humanité,earth overshoot dayJ'ai parfois la sensation d'avoir eu l'esprit voilé pendant la majeure partie de ma vie. Alors que je pensais avoir la liberté et capacité de soumettre toutes choses au filtre de ma réflexion, je réalise que la remise en question ne va pas de soi et qu'il vaut sans doute mieux avancer les yeux bandés que l'esprit torturé.

    Les images de l'horreur à Paris, à Bruxelles, à Istanbul, à Alep ou ailleurs me révulsent mais comme tout le monde, je finis par tourner la page et me laisser accaparer par le quotidien. Phagocytée par la cupidité des uns et l'indifférence des autres, la nature s'estompe, les animaux disparaissent, la Terre agonise.

    Le futur pillé

    Aujourd'hui, c'est l'Earth Overshoot Day ou le jour du dépassement global. Nous avons consommé toutes les ressources que la planète peut renouveler sur l'espace d'une année. Aujourd'hui, nous vivons à crédit, et ce que nous consommons à partir d'aujourd'hui, nous le volons aux générations futures. 

    Nous ne consommons bien entendu pas les richesses de la Terre à parts égales. Ainsi, selon le Global Footprint Network, l'Australie consomme 5,4 planètes, les USA: 4,8 et la Suisse: 3,3. Voilà pour le Top 3 mais les meilleurs élèves sont en bout de course. Les trois derniers sont la Chine qui consomme tout de même 2 planètes, le Brésil: 1,8 et l'Inde: 0,7. Chaque année, ce jour se présente un peu plus tôt. En 1970, il s'agissait du 23 décembre. En 2030, il frappera à notre porte à la fin du mois de juin.

    J'ai vu, il y a un certain temps, un reportage sur les pétroliers qui exploitent sans vergogne les entrailles du globe. Les permis de polluer s'achètent et se vendent, entretenant un marché des plus juteux. Un marché engraissé par la politique aux plus hauts niveaux. L'idée de départ était de limiter les rejets de CO2 dans l'atmosphère mais l'Union Européenne accorde généreusement des quotas gratuits aux grandes entreprises. Lesquelles les écoulent sur le marché pour engranger d'appréciables profits. Pendant que certains empochent toujours plus, d'autres meurent dans l'indifférence et le silence.

    La nature humaine contre la nature?

    Il y a longtemps, j'ai croisé un Amérindien de la tribu des Miccosukees dont le job était d'amuser les touristes en maîtrisant des alligators. Il habitait en appartement par commodité, mais demeurait proche de la nature, disait-il, parce qu'il dormait avec une (vraie) panthère dans son lit. "Vous les Blancs", me lançait-il, "vous allez trop vite pour nous, vous courez toujours." Aujourd'hui, la plupart des Amérindiens ont cédé aux sirènes du capital et exploitent des casinos.

    Nous vivons sur une bombe, nous attisons l'incendie mais nous marchons, les yeux bandés, l'esprit sourd. Mais qui a donc subtilisé notre capacité de réflexion? Le simple instinct de conservation ne devrait-il pas nous empêcher de scier la branche sur laquelle nous nous trouvons?

    Si l'on veut maintenir la température globale sous la barre des 2°, il faut réduire de façon drastique nos émissions carbones mais on est encore loin du compte puisque les états membres de la convention de l'ONU sur les changements climatiques n'ont consenti des efforts que pour limiter la température à 3°. Il y va de la survie d'une planète mais nous poursuivons notre course insensée vers plus de croissance. 

    La Terre portait en elle toutes les ressources mises à la disposition gratuite de toutes les espèces. Il y en avait assez pour tous. La convoitise et la soif de pouvoir en ont décidé autrement. Nous sommes devenus complices d'un système que nous ne maîtrisons plus. La nature humaine serait-elle incompatible avec la Nature? 

  • Et on est resté là

    Et on est resté là,
    Enivrés, immobiles,
    A regarder là-bas,
    Vers le ciel tranquille,
    A scruter l'horizon
    Et les nuages roux,
    Souples, soyeux et ronds
    Frôlés par un vent doux.
    On ne pensait à rien,
    Le temps virevoltait,
    Et on se sentait bien.
    Le ciel nous suffisait.
    Et on est resté là,
    Le coeur trempé d'azur
    Et de soleil grenat,
    A se griser d'air pur.
    Sur les chemins du vent
    Parfumé aux embruns,
    Glissait un goéland.
    On avait l'âme à jeun,
    Gourmande d'éphémère,
    D'improbable et d'espace.
    La mer noyait l'amer,
    Les heures s'égrenaient
    Au gré du sable blond.
    Et le temps effilait
    Nos préoccupations.
    On voulait rester là
    Sur le sable, les traces
    Légères de nos pas
    Très lentement s'effacent
    On n'est pas resté là
    Allez savoir pourquoi...
    Poussés par un vent froid,
    On est parti là-bas...
    Sous un ciel terne et gris,
    Il fallait recréer
    L'éclat d'un coloris,
    Sur le vide papier.
    Et j'en suis resté là...©

  • Tout est dit

    Son regard s'embrume
    Les néons s'allument
    Elle caresse le verre glacé
    Et la nuit emporte ses soupirs
    Il fixe le vernis de ses souliers
    Il ne sait que dire
    Il a tout dit
    Et elle aussi
    Il coule un regard gêné vers elle
    Elle balaye d'un geste nerveux une mèche rebelle
    Elle n'a pas trempé ses lèvres dans le verre glacé
    Il a avalé avec peine sa tasse de café
    Elle saisit sa sacoche, prétexte un rendez-vous urgent
    Il jette un coup d'oeil sur sa montre et comme elle, ment
    Et s'envolent tous deux dans des directions opposées
    Le serveur prend la tasse et le verre glacé,
    Essuie la table en un tour de main
    Elle reviendra peut-être demain©

  • Il y en a pour tous, pourquoi se battre?

    Cette planète est capable de porter tout en suffisance pour tous les hommes qui y vivent, si seulement nous comprenions la signification du mot "partage".