• Le respect en voie d'extinction

    Il paraît qu'il est aujourd'hui parfaitement normal pour les élèves de discuter entre eux pendant les cours. Quand mon fiston se plaignait de migraines parce que les élèves parlaient pendant la classe, je pensais qu'il s'agissait de cas isolés mais le phénomène semble se généraliser. Nous n'étions pas des anges dans les années 70/80 mais jamais nous n'aurions bavardé au nez et à la barbe des profs. Oh bien sûr, il y a un mot qui est censuré, de nos jours mais pour lequel on avait encore quelque considération. On appelait ça le RESPECT.

  • Changer tout!

    Envie de changer de vie de me changer les idées, de changer de peau (jusqu'ici, j'ai été plutôt en manque... de pot), besoin de changer d'air... mais de garder les pieds sur terre.

  • Faut-il douter? Sans aucun doute!

    L'ordre ne peut naître que du chaos. La lumière pointe seulement dans l'obscurité. La paix n'a de sens qu'en temps de guerre. Le positif n'existe que parce qu'il y a du négatif. Et on ne se sent bien que parce qu'on a souffert. Voilà pourquoi la vie est ainsi faite. Enfin, je pense... parce que la certitude ne naît pas forcément du doute. Ou peut-être bien que oui...?

  • Oh my goodness!

    Dans une université américaine bien cotée, le professeur demanda aux étudiants de son cours d'anglais de rédiger un papier court qui intégrerait ces thèmes : la religion, la monarchie, le sexe et le suspense. Un seul étudiant récolta la note maximum. Voici ce qu'il avait écrit : "Mon Dieu", s'exclama la reine, "je suis enceinte ! Je me demande qui peut bien être le père."

  • "Les années douces" : quand l'éphémère touche l'éternité

    Jiro Taniguchi, Japon, manga, les années douces, amour, Taniguchi est un orfèvre du manga. Cet artiste a le don de ralentir la course du temps, de figer les meilleurs moments du quotidien. Il étire avec virtuosité les instants éphémères jusqu'à ce qu'ils donnent l'impression de durer une éternité...

    Dans "L'homme qui marche", il  s'attarde, avec l'élégance et la douceur qui caractérisent sa narration, sur les flâneries d'un homme. La saveur du quotidien passe aussi par les papilles du "Gourmet solitaire", une alléchante virée dans les gargotes des quartiers populaires japonais, où chaque plat est prétexte à des impressions, des réminiscences.

    Avec "Les années douces", Taniguchi signe un nouveau chef d'oeuvre imprégné de pudeur, de retenue bien asiatiques. Tiré d'un roman de Hiromi Kawakami, le récit ne se départit pas de l'atmosphère zen qui drape l'oeuvre de Taniguchi. 

    Tsukiko, une trentenaire célibataire rencontre, dans un café, celui qui fut son "maître" en japonais. Il est vieux et veuf, aussi solitaire et singulier qu'elle. Les rendez-vous se multiplient, au gré du hasard. Leur complicité est patente, leur interdépendance, de plus en plus marquée. Tsukiko n'ose pas se l'avouer et pourtant, c'est clair et pur comme de l'eau de roche : il y a plus que de l'affection entre ces deux-là. Les sentiments se révèlent tout en lenteur, tout en légèreté, tout en subtilité. Et c'est ce qui donne à ce manga toute son intensité.

    Jiro Taniguchi, Japon, manga, les années douces, amour, l'homme qui marche, le gourmet solitaire, festival d'angoulême, alph'art, sushi Il ne s'y passe rien d'hors du commun. Les dialogues sont parcimonieux, la ligne est claire et esthétique. Le non-dit remplit l'espace. Et pourtant, la limpidité du récit, la beauté toute simple des émotions vous poussent à tourner les pages avec avidité.

    Pour prolonger le plaisir, on se prendrait presque à freiner son rythme de lecture. On musarde de planche en planche. On collecte les émotions comme on part à la cueillette aux champignons. On  s'imbibe d'une ambiance éthérée qui nous élève.

    Depuis Taniguchi, le manga a gagné le respect et le dessin devient littérature. Les deux tomes des "Années douces" le démontrent encore de façon éclatante. ©