Les Osmond Brothers : le retour avec un nouveau CD

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Les Osmond Brothers formaient sans doute ce qu'on allait appeler bien plus tard le premier boys band. Dans les années 70,  des cohortes de filles prépubères en furie déferlaient aux concert et s'époumonaient jusqu'à la dernière note de "Crazy horses". L'Osmondmania venait d'être inventée et la frénésie s'étoffait d'accents encore plus incisifs lorsque le jeune Donny, le chouchou du groupe se manifestait en roucoulant le sirupeux "Puppy love" écrit par Paul Anka. Et j'en étais! Les années ont filé mais je n'ai pas oublié cette famille mormone qui faisait battre mon coeur d'adolescente. Et je suis demeurée fan. 

En avril dernier, alors que trois d'entre eux se trouvaient en tournée en Angleterre, leur dernier album studio était distribué. Si le CD a été largement distribué outre Manche (HMV, l'un des leaders anglais des détaillants en disques le classait en magasin parmi ses meilleures promesses de vente) et ensuite aux Etats-Unis, la sortie de "Can't get there without you" est demeurée confidentielle sous nos latitudes francophones.

Fin des années 70, les frères Osmond ont disparu de la circulation. Le monde musical avait changé et la famille, grugée par de mauvais conseillers, ployait sous le poids des dettes. Si la flamme pour les Osmonds semblait éteinte dans les contrées francophones, la famille n'a jamais cessé de raviver l'étincelle dans les pays anglo-saxons. Avec bonheur puisqu'aujourd'hui encore, ils font recette partout où ils passent et entretiennent avec tact et amour le contact avec des fans assidus. 

IMG_6146 (Copier).jpgLeur dernier CD ne rassemble hélas pas toute la famille (à l'exception du mélancolique "Remember me") et pose surtout l'accent sur la voix rocailleuse, dense et pourtant fragile du benjamin Jimmy. L'album présente un  bel aspect d'ensemble, pailleté de morceaux finement ciselés, doux et efficaces qui se fondent dans l'oreille. L'influence country qui imbibait les albums précédents des frères, est ici absente. C'est une pop tranquille, nostalgique façonnée pour capter l'âme. Seul un titre - "Getcha goin' my way" - résonne plus rock et éclatant. Composé dans les années 70, ce morceau n'avait jamais été inclus dans un album mais avait figuré dans la bande son du dessin animé qui leur avait été consacré, à l'instar des Jackson 5. J'ai un faible pour "Take me home", l'une des mélodies les plus suaves de l'album. Question sensation, c'est comme si la chanson me laissait l'empreinte du sel sur la peau lorsque la vague se retire. Seule ombre au tableau : la pochette trop austère, trop sombre et il faut bien le dire, sans grand intérêt graphique. Et sans doute aussi... la tournure un peu succincte du CD qui dure à peine 35 minutes.

Bien que courte, la promenade musicale est parfumée à souhait d'embruns nostalgiques mais assez modernes pour accrocher un public actuel qui ne les connaît pas. Présents sur scène depuis plus d'un demi-siècle, les Osmonds ont réussi un pari que peu d'artistes parviennent à relever : défier les modes et la dictature musicale. Ecoutez, vous comprendrez.

 

Commentaires

  • C'est trop sympa de voir un article Français sur les Osmonds ! Merci ! Depuis ce célèbre "Crazy Horses", j'ai suivi les Osmonds pendant leur carrière jusqu'à cette dernière tournée qu'ils viennent de faire au Royaume Uni. Espérons que cet album "Can't get there without you" ne sera pas le dernier.

  • Merci, Chris. Je pense qu'il est temps qu'on les prenne au sérieux. Les Osmonds ont été trop longtemps catalogués dans les boys bands et s'ils ont eu un passage "has-been" dans les années 80, ils ont redressé la barre de façon magistrale et prouvent qu'ils sont avant tout des entertainers et d'excellents musiciens. La France et la Belgique (surtout francophone) les a occultés pour je ne sais quelles raisons. Pourtant, je maintiens qu'ils demeurent tous des interprètes (et des compositeurs) d'exception dont le talent n'a rien de l'étoile filante. Occuper la scène depuis plus de 50 ans avec un égal succès outre Manche, outre Atlantique et ailleurs, avoir eu une carrière plurielle, placer la famille avant toute chose, telles sont à mon avis les fondations de ce succès. Et moi aussi, j'espère que ce ne sera pas leur dernier album et qu'ils pourront peut-être se consacrer aux enregistrements studio et composer un album ensemble. Je rêve peut-être... mais c'est de leur faute! Ce sont eux qui ont lancé la poussière de rêve en premier lieu.

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