Actualité - Page 2

  • Où est la sortie?

    Sortie.jpgQu'est-ce qui ne tourne pas rond sur cette planète? Je me demande parfois si le mot "humain" a encore une quelconque signification. Je suis broyée. Ecoeurée. Révulsée. Une fois de plus. Comme la plupart d'entre nous. La barbarie et la terreur ne sont ni des opinions ni des idéologies et ne peuvent par conséquent être cautionnées par la liberté d'expression. La tyrannie n'appartient à aucune philosophie digne de ce nom. La haine et la violence n'ont rien à voir avec une quelconque foi. 

     

    Tuer les gens ne rapproche pas de Dieu ou d'Allah ou de quiconque. Cela les aspire vers le néant. Nous sommes un. Nous partageons la même humanité. Nous sommes faits de chair et de sang. Nous sommes des êtres doués de sensibilité et d'intelligence, n'est-ce pas? A l'instar des autres animaux. Il n'existe toutefois aucun animal qui tuerait juste parce qu'il ne peut supporter l'existence d'un autre animal. Ou parce qu'il préférerait la mort à la vie. Sommes-nous l'espèce la plus toxique qui existe?

     

    Parfois, j'aimerais qu'il existe une véritable issue de secours.

  • Rouge comme la Lune

    Le nez dans les étoiles, l'âme éclaboussée de rouge.

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  • J'ai les doigts tachés d'encre et l'âme gonflée de sang

    JesuisCharlie.jpgC'est vrai, j'ai déserté les lieux depuis un certain temps mais là, je suis écoeurée. J'ai la plume meurtrie et les ailes coupées. Je ne réalise pas toujours la chance que j'ai de vivre dans un pays où la liberté d'expression et les valeurs humanistes ont encore un sens. Qu'une poignée de fous sanguinaires balayent d'un revers de kalachnikov, les fondations mêmes de la pensée humaniste, me révulse.

    Comme elle révulse l'âme de millions de gens qui sont désormais Charlie. Depuis mercredi, les mouvements spontanés qui ont déferlé un peu partout dans le monde, ont prouvé que des quidams pouvaient se donner la main et se rassembler sous la bannière "JeSuisCharlie", témoignant par là même que des mots comme solidarité, compassion, tolérance et liberté sont bien à l'épreuve des balles et de la violence.

    Et même si la haine charrie des torrents d'amertume, il n'est pas question de mettre en berne les bannières de la non-violence. Ni de stigmatiser ceux et celles qui pratiquent leur religion dans le respect de l'autre.

    Le musée juif de Bruxelles fut, il y a quelques mois, la cible d'un terroriste. De même que l'école juive de Toulouse, voici presque trois ans. Carnage chez Charlie Hebdo, prises d'otages simultanées dans une imprimerie et dans une supérette juive... Cette fois, le fanatisme (je me refuse de le qualifier de religieux dont l'étymologie se réfère au mot "relier" et renvoie par conséquent aux notions de fraternité et de paix), le fanatisme donc a frappé notre saine propension à l'irrévérence, froissé notre légitime fierté d'individus libres. Des barbares intégristes veulent réveiller nos angoisses et déstabiliser les fondements de la démocratie.

    Ce fascisme gavé par une minorité de meurtriers ne parviendra jamais à anéantir les consciences éveillées ni à museler notre capacité de réflexion et de rire... et même si depuis une poignée de jours, on sait qu'on peut vraiment m705513-charb-dessins.jpg?modified_at=1420643573&width=750ourir de rire. Qui pourrait cependant se targuer de tuer l'humour puisqu'il s'agit du propre de l'homme... L'ère de l'insouciance est sans doute révolue mais pas celle de l'impertinence.

    Si les religions diffèrent dans leurs formes, elles nous fédèrent dans le fond, c'est-à-dire dans les meilleurs aspects de notre humanité. Ne disent-elles pas toutes que Dieu est amour... voire humour? Au nom de quel dieu peut-on massacrer son prochain? Pas une seule pensée, pas une seule intelligence digne de ce nom ne peut justifier l'inhumanité. Ceux qui pensent étouffer la parole d'un revers de fusil, se fourrent le doigt dans l'oeil. On ne dissimule pas la liberté de pensée sous des flaques de sang. On se parle. On s'explique. On se tend la main. On tente de se comprendre. On se respecte.

    Un cri, c'est une bombe. Quand une voix s'éteint, quand un crayon se brise, des clameurs grondent par myriades. La liberté d'expression relève la tête, elle en revient, plus forte, plus déterminée. Les Wolinski, Cabu, Charb et Tignous aux traits d'encre sympathique et les autres, ne sont pas morts. Parce que les armes ne gommeront jamais un dessin. Parce que la parole libre est plus puissante que l'obscurantisme. Les graines de la terreur ont beau être semées, elles ne fleurissent jamais. Jamais.

    (Illustration prémonitoire de Charb provenant du site liberation.fr http://www.liberation.fr/societe/2015/01/07/charb-le-visage-pale-et-perdu-d-un-enfant-triste_1175450)

  • L'obsolescence programmée ou comment planifier la mort des objets dans la société du gaspi

    dyn003_original_322_990_jpeg_2512211_646b1fdccc23373b49c2f69ccece8201.jpgL'aspirateur vous lâche, le frigo exhale son dernier soupir, le lave-linge s'essoufle et s'éteint, la télé affiche un écran noir, la voiture prend sa retraite, déclarée hors usage par le contrôle technique. Les objets de notre quotidien se réparent de moins en moins et se remplacent davantage. Qu'une voiture soit destinée à la casse après dix années de roulage ou qu'une machine à laver soit... lessivée au terme de sept années de services menés tambour battant, personne ne s'en offusque plus.

    Et si tout cela était prévu... J'avoue que l'idée m'a effleurée à plus d'une reprise. Chaque fois qu'un appareil ménager arrive en fin de vie, j'ai toujours cette étrange sensation de ne pas en voir eu pour mon argent. Bizarre, en effet, qu'une machine claque juste quelques semaines après la fin de la garantie. Coïncidence ou intention ?

    L'excellent documentaire "Prêt-à-jeter, l'obsolescence programmée" a levé mes derniers doutes sur le sujet. Depuis les années 1920, les objets sont fabriqués pour avoir une durée de vie limitée. L'objectif étant bien entendu de stimuler la consommation. Mais ce qui semble être une question de logique et de survie du capitalisme, est une aberration : le but de la croissance est de... croître à l'infini. "Un objet qui ne s'use pas est une tragédie pour les affaires", lisait-on d'ailleurs dans une revue en 1928. Aujourd'hui, c'est une tragédie pour l'humanité.

    Consommez, consumez

    Sans titre-Numérisation-35 (Copier).jpgLa masse de nos détritus ne cesse d'enfler, polluant les sous-sols, tuant à petit feu l'environnement et la population tiers-mondiste. En Afrique, jeter est une ineptie. On ne jette pas, on récupère, on répare, on donne une autre vie aux objets. Nos déchets informatiques occidentaux souillent le Ghana où les habitants les recyclent infatigablement. Parce que nos PC, nos imprinantes, nos scanners, nos GSM ne sont pas irrécupérables. Parce que leur usure a été inscrite dans leurs puces. Parce qu'il faut vendre. Encore plus. Toujours plus. Consommez, bon peuple, consumez votre vie et votre planète.

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    Des économistes, comme le Français Serge Latouche, prônent un autre modèle de société : la décroissance.

     

    Le développement débridé de la société de consommation va de pair avec la destruction des ressources naturelles qui ne sont pas inépuisables, estiment les "décroissants". Consommer moins ne peut en tous cas faire de mal à personne. Au contraire. Réduire notre empreinte écologique et contraindre les entreprises à poser l'accent sur la qualité et la longévité du produit ainsi que sur le respect de l'environnement, ne peut certainement faire de tort à l'humanité.