Critique - Page 2

  • "L'animal est une personne" de Franz-Olivier Giesbert: pas bête!

    9782213685625-X.jpg?itok=3sM4l8VPEnfin, un livre pour la cause animale écrit par un "people", une figure qui a pignon sur médias. J'ai été agréablement surprise par les prises de position de Giesbert envers ceux qu'on appelle bêtement des... bêtes. Même si Franz-Olivier Giesbert avoue être un végétarien "à géométrie variable".

    Du haut de la chaîne alimentaire, nous sacrifions les animaux sous prétexte qu'il nous faut bien manger et tester les médicaments et divers produits qui feront progresser notre humanité. Et pourtant, nous avons tous été témoins des capacités émotionnelles et de l'intelligence des animaux.

    Est-ce la "bête" en nous qui nous pousse à voir en une vache, un cochon, une poule ou un poisson des machines à fournir de la viande, du lait ou des oeufs? "Son [celle de l'animal] existence même lui est déniée et sa désincarnation atteint u tel degré que les industriels parlent de moins en moins de viande, mais par exemple de "minerai" pour désigner la "matière animale" qui comme les objets inanimés, relève du "minéral". Tout lui a été enlevé, la dignité, bien sûr, mais aussi son animalité même."

    La séquence de l'ADN de l'homme et du chimpanzé est identique à 99% et pourtant, l'animal n'a aucun statut juridique. Dingue, non? Combien sommes-nous à chérir un animal de compagnie et à fermer les yeux sur la souffrance que nous imposons au cheptel?

    Qu'on le veuille ou non, les animaux font partie de notre famille et la façon dont nous les traitons révèle aussi notre façon de traiter l'humanité et l'environnement.

    Un bouquin qui se lit vite et qui laisse dans votre âme des questions indélébiles...

  • "La planète au pillage" de Fairfield Osborn: visionnaire

    Un livre troublant qui résonne souvent juste, près de 70 années plus tard. Cet essai de Fairfield Osborn, président de la société zoologique de New York est le premier qui soit éminemment écologique. Notre planète surpeuplée et pillée par l'avidité de l'homme court à sa perte car chaque organisme de la Terre est interdépendant.

    "La terre aujourd'hui appartient à l'homme et par là se trouve posé le problème de savoir quelles obligations peuvent accompagner cette possession sans limites."

    f_osborn.jpgL'auteur y aborde des problèmes d'une actualité brûlante: la famine, la surpopulation anarchique, l'abus et la dangerosité des produits chimiques, la disparition de certaines espèces animales,... Une analyse réalisée au scalpel et résolument prémonitoire.

    Aux côtés d'autres personnalités éminentes, Albert Einstein lui-même a cru bon laisser un avis sur ce livre:

    "On sent d'une façon aiguë en lisant ce livre la futilité de la plupart de nos querelles politiques comparées avec les réalités profondes de la vie."

    L'auteur de "Brave New World" ("Le Meilleur des Mondes") Aldous Huxley en dit:

    "Puisse ce livre retenir l'attention qu'il mérite absolument par la portée suprême du sujet et la lucidité du style."

    En effet.

  • "Au Crazy Love" de Willy Grimmonprez: style limpide et idées noires

    a.jpgL'auteur louviérois publie ici son huitième livre aux Editions Dricot. Si ce chauffeur de bus à la retraite affectionne les atmosphères sombres, le polar qui vient de sortir en librairie, baigne encore plus profondément dans une ambiance glauque, malsaine et délicieusement immorale.

    Willy Grimmonprez connaît bien les ficelles du métier et mène avec tact le lecteur dans les méandres d'une intrigue sordide et riche en rebondissements. Comme d'habitude, son écriture est fluide, simple et l'histoire ne s'embarrasse pas de fioritures. Le ton est résolument noir mais tranche avec la clarté du style. Avec Grimmonprez, on sait où on va, on se laisse mener avec délectation et on tourne les pages avec l'impatience d'un enfant.

    Evidemment, les fidèles de Grimmonprez ne seront pas autant surpris que les autres car la trame et le climat sont semblables à ce qu'il a déjà écrit. On devine un peu ce qui va se passer mais on est accro jusqu'au bout parce que Grimmonprez nous régale toujours. Et le bougre ne dénoue son intrigue que dans les dernières pages. Un polar à lire sous la couette, en une poignée d'heures.

  • "La poupée sanglante" / "La machine à assassiner" de Gaston Leroux: romantisme et steampunk

    hqdefault.jpgCes livres m'ont ramenée à une époque d'insouciance. J'ai, en effet, découvert ces bouquins dans le sillage d'une série française diffusée dans les années 70, "La poupée sanglante". Pour autant que je sache, le feuilleton n'a jamais été diffusé en DVD. Il l'a sans doute été sur cassette VHS mais le tirage a dû être confidentiel car je n'en ai jamais vue. L'histoire est gorgée de douce terreurs et très imprégnée de romantisme gothique. Ce roman (en réalité, en deux parties) est une petite merveille qui emporte le lecteur. Il a tout pour lui : mystère, humour, paranormal, horreur, science fiction... Une perle parfumée à la steampunk!

  • "Charly 9" de Jean Teullé, pas de la grande littérature mais ça se laisse lire

    9782260018247.jpgJ'ai de prime abord été désarçonnée et un tantinet agacée par le ton cru et l'abondance des dialogues mais j'avoue m'être laissée emporter par ce roman qui se lit presque d'une traite. On a sans doute peine à démêler les aspects historiques et romancés mais ce bouquin a au moins l'avantage d'éveiller l'intérêt pour l'histoire et de vouloir en connaître davantage sur la personnalité torturée de Charles IX et la tyrannie cynique de Catherine de Médicis. Un peu déçue d'avoir entrevu un Ronsard affublé d'une personnalité veule, voire un peu absente mais le livre vaut la peine d'être lu, rien que pour poursuivre plus loin la découverte d'un roi maudit.

  • Djavan, l'art de la douceur à rebrousse-poil

    Djavan.jpgIl est des diamants de la plus belle eau, finement taillés, qui brillent de mille feux mais dont l'éclat ne dépasse pas les frontières d'un pays. Les lois du marketing l'ont ainsi décrété.

    Dans le cas de l'artiste brésilien Djavan, le diktat des majors du disque nous prive d'un rayon de douceur, d'une musique ciselée avec intelligence et bon goût. Le Brésilien a bien essayé de percer aux Etats-Unis, en enregistrant certains de ses titres en anglais mais son succès est demeuré confidentiel.

    Djavan est venu à plusieurs reprises en Belgique, notamment dans le cadre d'un festival dédié au Brésil : "Viva Brasil" fin des années 80. Le Palais des Beaux-Arts était bondé lorsqu'il avait livré son concert, en compagnie de Jorge Ben - sans doute mieux connu sous nos latitudes -. La chaleureuse communauté brésilienne s'était à nouveau donné rendez-vous pour le concert de Djavan sur la Grand Place de Bruxelles, en 1990. A cette époque, on exhumait encore facilement des CD de Djavan dans la section World des disquaires. Aujourd'hui, les derniers albums de Djavan ne sont plus distribués.

    Les compositions de Djavan sont empreintes de bossa nova, de smooth jazz et d'une sensualité grâcieuse qui effleurent votre âme avec la délicatesse d'une plume. Et rien que pour ça, la musique de Djavan mérite d'être découverte. Les inconditionnels d'acid techno ou de gothic metal s'abstiendront. Les autres s'accorderont des tranches de vacances saupoudrées de paillettes de noix de coco et parfumées aux accents de la Garota de Ipanema ("The girl from Ipanema" immortalisé par Tom Jobim). 

    Découvrir Djavan :

    http://www.dailymotion.com/video/xf8l0z_djavan-maca_news

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Djavan

    http://www.djavan.com.br/site/

    http://www.musicme.com/#/Djavan/albums/