Etats d'âme - Page 2

  • Les forts ne sont pas ceux qu'on croit

    La violence et la haine sont les armes des faibles. L'amour et la compassion sont celles des forts. La gentillesse n'est pas une faiblesse, c'est l'une des composantes du ciment qui nous unit, l'humanité. Ce qu'on diffuse a un impact indéniable sur l'autre. Plus on tend vers la douceur, plus on inspire des gens et on multiplie les chances d'avoir une humanité soucieuse d'améliorer son niveau de conscience et de réflexion. La haine tue le rêve et l'espoir, elle détruit, n'a pas ni finalité ni sens. Si elle est inhérente à l'être humain, elle agit comme un cancer, dévorant notre âme et notre sensibilité. Nous affaiblissant un peu plus chaque jour. L'amour seul est capable de restaurer ce qu'il y a de meilleur au fond de nous. Convaincre nos pairs que l'humanité est à ce prix, est le véritable défi du siècle.

  • Travail : chaud devant!

    Le travail produit de la chaleur. L'effet de serre s'en trouve renforcé. Effet de serre qui provoque la désertification. Le travail fait par conséquent progresser le désert. Moralité: n'en faisons pas trop.

  • Passage

    La lune se glisse sous un drap vaporeux

    La nuit s'évanouit dans un rayon poudreux

    Et le silence s'étire en reflets bleutés

    Je respire une bouffée d'éternité

    Portée par le vent parfumé au jasmin

    Je suis les lucioles qui tracent un chemin

    Entre les bancs de brume blanche et les chardons

    Vers l'orée où tourbillonnent les papillons ©

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  • Les crimes impunis contre la nature

    pollution,environnement,co2,terre,climat,réchauffement,humanité,earth overshoot dayJ'ai parfois la sensation d'avoir eu l'esprit voilé pendant la majeure partie de ma vie. Alors que je pensais avoir la liberté et capacité de soumettre toutes choses au filtre de ma réflexion, je réalise que la remise en question ne va pas de soi et qu'il vaut sans doute mieux avancer les yeux bandés que l'esprit torturé.

    Les images de l'horreur à Paris, à Bruxelles, à Istanbul, à Alep ou ailleurs me révulsent mais comme tout le monde, je finis par tourner la page et me laisser accaparer par le quotidien. Phagocytée par la cupidité des uns et l'indifférence des autres, la nature s'estompe, les animaux disparaissent, la Terre agonise.

    Le futur pillé

    Aujourd'hui, c'est l'Earth Overshoot Day ou le jour du dépassement global. Nous avons consommé toutes les ressources que la planète peut renouveler sur l'espace d'une année. Aujourd'hui, nous vivons à crédit, et ce que nous consommons à partir d'aujourd'hui, nous le volons aux générations futures. 

    Nous ne consommons bien entendu pas les richesses de la Terre à parts égales. Ainsi, selon le Global Footprint Network, l'Australie consomme 5,4 planètes, les USA: 4,8 et la Suisse: 3,3. Voilà pour le Top 3 mais les meilleurs élèves sont en bout de course. Les trois derniers sont la Chine qui consomme tout de même 2 planètes, le Brésil: 1,8 et l'Inde: 0,7. Chaque année, ce jour se présente un peu plus tôt. En 1970, il s'agissait du 23 décembre. En 2030, il frappera à notre porte à la fin du mois de juin.

    J'ai vu, il y a un certain temps, un reportage sur les pétroliers qui exploitent sans vergogne les entrailles du globe. Les permis de polluer s'achètent et se vendent, entretenant un marché des plus juteux. Un marché engraissé par la politique aux plus hauts niveaux. L'idée de départ était de limiter les rejets de CO2 dans l'atmosphère mais l'Union Européenne accorde généreusement des quotas gratuits aux grandes entreprises. Lesquelles les écoulent sur le marché pour engranger d'appréciables profits. Pendant que certains empochent toujours plus, d'autres meurent dans l'indifférence et le silence.

    La nature humaine contre la nature?

    Il y a longtemps, j'ai croisé un Amérindien de la tribu des Miccosukees dont le job était d'amuser les touristes en maîtrisant des alligators. Il habitait en appartement par commodité, mais demeurait proche de la nature, disait-il, parce qu'il dormait avec une (vraie) panthère dans son lit. "Vous les Blancs", me lançait-il, "vous allez trop vite pour nous, vous courez toujours." Aujourd'hui, la plupart des Amérindiens ont cédé aux sirènes du capital et exploitent des casinos.

    Nous vivons sur une bombe, nous attisons l'incendie mais nous marchons, les yeux bandés, l'esprit sourd. Mais qui a donc subtilisé notre capacité de réflexion? Le simple instinct de conservation ne devrait-il pas nous empêcher de scier la branche sur laquelle nous nous trouvons?

    Si l'on veut maintenir la température globale sous la barre des 2°, il faut réduire de façon drastique nos émissions carbones mais on est encore loin du compte puisque les états membres de la convention de l'ONU sur les changements climatiques n'ont consenti des efforts que pour limiter la température à 3°. Il y va de la survie d'une planète mais nous poursuivons notre course insensée vers plus de croissance. 

    La Terre portait en elle toutes les ressources mises à la disposition gratuite de toutes les espèces. Il y en avait assez pour tous. La convoitise et la soif de pouvoir en ont décidé autrement. Nous sommes devenus complices d'un système que nous ne maîtrisons plus. La nature humaine serait-elle incompatible avec la Nature? 

  • Et on est resté là

    Et on est resté là,
    Enivrés, immobiles,
    A regarder là-bas,
    Vers le ciel tranquille,
    A scruter l'horizon
    Et les nuages roux,
    Souples, soyeux et ronds
    Frôlés par un vent doux.
    On ne pensait à rien,
    Le temps virevoltait,
    Et on se sentait bien.
    Le ciel nous suffisait.
    Et on est resté là,
    Le coeur trempé d'azur
    Et de soleil grenat,
    A se griser d'air pur.
    Sur les chemins du vent
    Parfumé aux embruns,
    Glissait un goéland.
    On avait l'âme à jeun,
    Gourmande d'éphémère,
    D'improbable et d'espace.
    La mer noyait l'amer,
    Les heures s'égrenaient
    Au gré du sable blond.
    Et le temps effilait
    Nos préoccupations.
    On voulait rester là
    Sur le sable, les traces
    Légères de nos pas
    Très lentement s'effacent
    On n'est pas resté là
    Allez savoir pourquoi...
    Poussés par un vent froid,
    On est parti là-bas...
    Sous un ciel terne et gris,
    Il fallait recréer
    L'éclat d'un coloris,
    Sur le vide papier.
    Et j'en suis resté là...©

  • Tout est dit

    Son regard s'embrume
    Les néons s'allument
    Elle caresse le verre glacé
    Et la nuit emporte ses soupirs
    Il fixe le vernis de ses souliers
    Il ne sait que dire
    Il a tout dit
    Et elle aussi
    Il coule un regard gêné vers elle
    Elle balaye d'un geste nerveux une mèche rebelle
    Elle n'a pas trempé ses lèvres dans le verre glacé
    Il a avalé avec peine sa tasse de café
    Elle saisit sa sacoche, prétexte un rendez-vous urgent
    Il jette un coup d'oeil sur sa montre et comme elle, ment
    Et s'envolent tous deux dans des directions opposées
    Le serveur prend la tasse et le verre glacé,
    Essuie la table en un tour de main
    Elle reviendra peut-être demain©