Musique - Page 2

  • Stromae prend racine

    Le bougre réussit à me faire chalouper avec de l'electro/dance, un style que je n'affectionne guère... normalement. Seulement voilà, Stromae a simplement ce qu'on appelle du talent et du charisme! Alors ça change tout. Cela change la donne. Forcément. Il donne l'impression d'avoir vécu en demeurant frais, il est lucide en préservant le ton de sa jeunesse. Et en plus, il réussit à imposer en douceur le français sur la scène internationale généralement peu friande. Que dire de plus... Se taire et écouter Stromae!


  • Vinyle : trois petits tours et puis s'en reviennent...

    vinyle,disque,cd,noir,album,collector,disquaires,platinesEh oui. J'ai connu le temps des vinyles, des saphirs et des platines. Comme tous les mélomanes, j'ai vu poindre, d'une oreille ravie, l'invention du compact disc et comme la plupart des possesseurs de galettes vinyles à la fin des années 1980, j'ai voulu me débarrasser de mon encombrante collection de 33 et de 45 tours, pour la remplacer par des CD. La pureté cristalline du son, le format  certes un peu épais et rigide mais pratique pour le rangement et les reflets irisés de l'objet reléguaient les antiques microsillons au rang de dinosaures. 

    Début des années 1990, les commerces de rachat étaient submergés d'offres de particuliers désireux de céder leurs vinyles. Je me souviens du responsable d'un magasin qui déclinant mon offre, m'assura que la plupart des albums qu'il avait acquis, finissaient à la décharge publique. Qui aurait cru à ce moment que le disque noir allait, quelques années plus tard, reprendre du poil de la bête et devenir une pièce culte, collector recherchée par les collectionneurs, les indécrottables nostalgiques mais surtout  un nombre croissant de jeunes tombés sous le charme des microsillons.

    Si j'écoute encore rarement des vinyles, j'en achète fréquemment. Comment vous expliquer cette attirance bien physique que j'éprouve pour ces galettes noires...  L'objet a quelque chose de sensuel, de souple, de lascif. De rassurant et de chaleureux aussi. Comme le son crépitant des bûches qui se consument lentement dans l'âtre. J'écume toujours avec plaisir les boutiques de disquaires, guidée par l'odeur pénétrante et indéfinissable de ces "grands CD". Je m'empresse de glisser mes doigts impatients entre les albums, pouvinyle,disque,cd,noir,album,collector,disquaires,platinesr qu'ils exhalent leurs parfums discrets et synthétiques. Même le pppfffshhh provoqué par le frottement des 33 tours qu'on passe en revue, est doux, voluptueux, félin. Et puis, la pochette d'un 33 tours a tout de même plus de classe, plus d'impact que celle d'un CD. L'achat d'un disque est aussi dirigé par l'esthétique de l'emballage. Certaines pochettes sont de véritables oeuvres d'art qui sur un CD, ne peuvent être appréciées à la même dimension. Tentez seulement d'apprécier un tableau de maître sur un timbre poste pour voir! 

    Le son digital est bien évidemment limpide, argentin. Certains l'ont décrété froid, métallique, dépourvu d'émotion, et ne jurent que par les grésillements et les crépitements du sillon langoureusement caressé par l'aiguille. Poser un disque sur une platine, déposer délicatement le bras du pick-up, doucement retourner le disque pour découvrir sa face B, c'est comme un cérémonial.

    Le vinyl n'a pas dit son dernier mot et le vintage a décidément encore de beaux jours devant lui. Tant que la platine tournera...

     

  • Djavan, l'art de la douceur à rebrousse-poil

    Djavan.jpgIl est des diamants de la plus belle eau, finement taillés, qui brillent de mille feux mais dont l'éclat ne dépasse pas les frontières d'un pays. Les lois du marketing l'ont ainsi décrété.

    Dans le cas de l'artiste brésilien Djavan, le diktat des majors du disque nous prive d'un rayon de douceur, d'une musique ciselée avec intelligence et bon goût. Le Brésilien a bien essayé de percer aux Etats-Unis, en enregistrant certains de ses titres en anglais mais son succès est demeuré confidentiel.

    Djavan est venu à plusieurs reprises en Belgique, notamment dans le cadre d'un festival dédié au Brésil : "Viva Brasil" fin des années 80. Le Palais des Beaux-Arts était bondé lorsqu'il avait livré son concert, en compagnie de Jorge Ben - sans doute mieux connu sous nos latitudes -. La chaleureuse communauté brésilienne s'était à nouveau donné rendez-vous pour le concert de Djavan sur la Grand Place de Bruxelles, en 1990. A cette époque, on exhumait encore facilement des CD de Djavan dans la section World des disquaires. Aujourd'hui, les derniers albums de Djavan ne sont plus distribués.

    Les compositions de Djavan sont empreintes de bossa nova, de smooth jazz et d'une sensualité grâcieuse qui effleurent votre âme avec la délicatesse d'une plume. Et rien que pour ça, la musique de Djavan mérite d'être découverte. Les inconditionnels d'acid techno ou de gothic metal s'abstiendront. Les autres s'accorderont des tranches de vacances saupoudrées de paillettes de noix de coco et parfumées aux accents de la Garota de Ipanema ("The girl from Ipanema" immortalisé par Tom Jobim). 

    Découvrir Djavan :

    http://www.dailymotion.com/video/xf8l0z_djavan-maca_news

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Djavan

    http://www.djavan.com.br/site/

    http://www.musicme.com/#/Djavan/albums/   

  • Le tsunami Donny & Marie Osmond déferle sur l'Angleterre

    osmond,donny,marie,show,las vegas,osmondsEn l'éclair d'une soirée, Bournemouth, coquette bourgade maritime du Sud Ouest britannique s'est parée des éclats strass et paillettes, frottée à la poussière d'étoiles de Las Vegas. Si la pluie fouettait les visages, le Bournemouth International Centre avait allumé un feu de cheminée crépitant dont les effets incandescents ont été, vendredi, unanimement savourés par des milliers de fans. Donny & Marie Osmond ont déboulé sur la scène du BIC avec un spectacle taillé à l'américaine, énergisant et efficace à souhait.

    Le duo mythique enjambe avec légèreté et tonicité le cap des 50 années de show-business. C'est à une féerie musicale qu'ils ont convié leurs fans pour leur tournée au Royaume-Uni et en Irlande. Un véritable condensé d'énergie, de sueur, de bonne humeur et d'excellente musique. Tout simplement. Le charisme du duo, sa gentillesse naturelle, son authenticité font toujours mouche et composent les ingrédients indispensables d'une recette magique. On ressort, rassasié et léger, comme après un délicieux repas parsemé de mets fins mais néanmoins riches, nourrissants.

    Si les années 70 ont définitivement l'aspect patiné et délavé du vintage, Donny & Marie, en purs produits des ces années-là, n'en transportent pas du tout la connotation ringarde. Leur spectacle s'adresse à un très large public et le couple livre une vaste palette de l'étendue de ses talents artistiques. Les chansons connues sur le bout des doigts par les fans, sont évidemment égrenées mais ce show ne s'y attarde pas vraiment et place davantage l'accent sur la variété. Les deux font plus que jamais la paire et déclinent, en duo ou en solo, leur savoir-faire scénique. Jamais le mot « performance » n'a pris autant de sens.

    Nostalgie mais pas que !

    On sait qu'à deux années d'intervalle, ils se sont distingués lors de la version américaine de « Dance with the Stars » et personne ne remettrait en doute leur virtuosité dynamique sur la piste de danse. Quand Donny (vainqueur de « Dance with the Stars » en 2009) s'emosmond,donny,marie,show,las vegas,osmondsbarque dans la chorégraphique sautillante de « Yo-Yo » avec des danseurs qui ont vraisemblablement la moitié de son âge, il ne montre aucun signe d'essoufflement ou de faiblesse. Le titre débute de façon classique pour se charger imperceptiblement d'accents vitaminés au pulse bien actuel. « Celebrate » aborde un virage moderne similaire et épouse une poignée de notes à « Celebration » de Kool & the Gang et à « Gangnam style » de Psy – déhanchements chevalins compris – . Marie n'a rien à envier non plus aux nymphettes qui délient leurs corps souples autour d'elle. Et lorsqu'elle empoigne sa guitare électrique, c'est pour se métamorphoser en rockeuse parfaitement crédible. Quinquagénaires bon teint, Donny et Marie apparaissent désormais au sommet de leur forme, physique, psychologique et artistique.

    Essentiellement axé sur la comédie musicale, le show évoque les musicals qui ont jalonné la carrière de la sœur et du frère Osmond : « Beauty and the Beast », « The Sound of Music », « The King and I », « Wicked », « Joseph and the Amazing Technicolor Dreamcoat », « Little Johnny Jones », etc. Donny et Marie puisent évidemment aussi dans leur propre répertoire et débitent avec un égal bonheur les incontournables morceaux qui ont fait leurs beaux jours dans les seventies : « I'm leaving it all up to you », « Make the world go away », « Deep Purple », « Morning Side of the Mountain »,...

    55 ans et même pas peur!

    Éternel bourreau des coeurs, Donny joue toujours avec assurance la carte séduction. L'homme est beau et il le sait. Il use de tous ses atouts pour communiquer avec les gens. Il les aime et ses fans le lui rendent bien. Le spectacle fait appel à quasi tous les sens, la vue, l'ouïe bien sûr mais aussi le toucher. Plusieurs dizaines d'admiratrices chanceuses (et quelques veinards aussi...) en font l'expérience. Ils ont pu l'embrasser, le serrer dans leurs bras pendant ses pérégrinations dans la salle alors qu'il roucoulait « The Twelfth of Never ». Donny est comme ça, quand il se donne, c'est tout entier. S'écroulant en nage sur la scène, il sollicite un Kleenex dans l"assistance et s'éponge abondamment le front ruisselant dans le foulard d'une admiratrice. Quelques-unes empocheront même un pass backstage. osmond,donny,marie,show,las vegas,osmonds

    Marie compte sur les quelques hommes qui émaillent par chance cette marée féminine. Un heureux élu aura l'opportunité de chanter et de danser, les paumes plaquées sur les reins de Marie. Un peu plus tard, elle descend dans le public et imprime sa bouche écarlate imprégnée de rouge à lèvres sur le front dégarni d'un quidam.

    Si le show est farci de répliques souriantes et bon enfant, les touches sensibles n'en sont guère absentes. Marie évoque son fils Michael qui s'est donné la mort, il y a deux ans et lui dédie « Pie Jesu ». Feu sa mère rêvait de voir sa fille fouler la scène de l'opéra national. Les nuages de fumée roulent sur le plateau pour s'évanouir aux premiers rangs. De sa voix limpide de soprano, Marie souffle vers le Ciel de généreuses bouffées de notes lumineuses qui plongent le public dans un état proche de l'extase.

    osmond,donny,marie,show,las vegas,osmondsL'autodérision est présente aussi lorsque Donny tombe le masque. Au sens figuré comme au sens propre. Au terme d'une chorégraphie survoltée, Donny se voile la face avec un masque de lui-même, adolescent décochant des sourires sur commande. Il salue et s'écroule, vaincu par l'épuisement, en jetant le masque. Donny n'a sans doute été jamais aussi bien dans sa peau. Son sourire n'a plus rien d'automatique, plus rien de téléguidé. Épanoui, bien installé dans ses 55 ans, l'artiste semble aujourd'hui plus libre de ses mouvements et apprécie la proximité de ses fans. Son statut de superstar des années 70 ne lui a guère monté à la tête et il est désormais plus accessible aujourd'hui qu'il y a quarante ans.

    Il n'y aura pas de rappel. Le show est livré sur mesure. La salle s'éclaire de néons blafards qui nous immergent dans une réalité qui paraît soudain bien tristounette. Et pourtant, la poudre magique s'enflamme et illumine notre âme de mille paillettes dorées qui s'éparpillent en ensemençant nos rêves. Tant que nos "deep purple dreams" vivront, nos lendemains porteront la promesse d'être de "perfect days"...

    © Nadine Lebrun

  • Les chevaux fous hennissent sur nos ondes

    Merci à Classic 21 http://www.rtbf.be/classic21/ pour avoir diffusé "Crazy Horses" des Osmond Brothers, ce matin. On les entend rarement sur nos ondes francophones et pourtant, nous sommes tout de même plus qu'une poignée à ne pas les avoir oubliés en Belgique ou en France. "Crazy Horses" est un classique du rock, musicalement robuste et musclé. Quant aux paroles aux accents environnementalistes, elles sont en plein dans l'air du temps. Un instant rafraîchissant suspendu entre deux flocons...

     
  • Les Osmond Brothers : le retour avec un nouveau CD

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    Les Osmond Brothers formaient sans doute ce qu'on allait appeler bien plus tard le premier boys band. Dans les années 70,  des cohortes de filles prépubères en furie déferlaient aux concert et s'époumonaient jusqu'à la dernière note de "Crazy horses". L'Osmondmania venait d'être inventée et la frénésie s'étoffait d'accents encore plus incisifs lorsque le jeune Donny, le chouchou du groupe se manifestait en roucoulant le sirupeux "Puppy love" écrit par Paul Anka. Et j'en étais! Les années ont filé mais je n'ai pas oublié cette famille mormone qui faisait battre mon coeur d'adolescente. Et je suis demeurée fan. 

    En avril dernier, alors que trois d'entre eux se trouvaient en tournée en Angleterre, leur dernier album studio était distribué. Si le CD a été largement distribué outre Manche (HMV, l'un des leaders anglais des détaillants en disques le classait en magasin parmi ses meilleures promesses de vente) et ensuite aux Etats-Unis, la sortie de "Can't get there without you" est demeurée confidentielle sous nos latitudes francophones.

    Fin des années 70, les frères Osmond ont disparu de la circulation. Le monde musical avait changé et la famille, grugée par de mauvais conseillers, ployait sous le poids des dettes. Si la flamme pour les Osmonds semblait éteinte dans les contrées francophones, la famille n'a jamais cessé de raviver l'étincelle dans les pays anglo-saxons. Avec bonheur puisqu'aujourd'hui encore, ils font recette partout où ils passent et entretiennent avec tact et amour le contact avec des fans assidus. 

    IMG_6146 (Copier).jpgLeur dernier CD ne rassemble hélas pas toute la famille (à l'exception du mélancolique "Remember me") et pose surtout l'accent sur la voix rocailleuse, dense et pourtant fragile du benjamin Jimmy. L'album présente un  bel aspect d'ensemble, pailleté de morceaux finement ciselés, doux et efficaces qui se fondent dans l'oreille. L'influence country qui imbibait les albums précédents des frères, est ici absente. C'est une pop tranquille, nostalgique façonnée pour capter l'âme. Seul un titre - "Getcha goin' my way" - résonne plus rock et éclatant. Composé dans les années 70, ce morceau n'avait jamais été inclus dans un album mais avait figuré dans la bande son du dessin animé qui leur avait été consacré, à l'instar des Jackson 5. J'ai un faible pour "Take me home", l'une des mélodies les plus suaves de l'album. Question sensation, c'est comme si la chanson me laissait l'empreinte du sel sur la peau lorsque la vague se retire. Seule ombre au tableau : la pochette trop austère, trop sombre et il faut bien le dire, sans grand intérêt graphique. Et sans doute aussi... la tournure un peu succincte du CD qui dure à peine 35 minutes.

    Bien que courte, la promenade musicale est parfumée à souhait d'embruns nostalgiques mais assez modernes pour accrocher un public actuel qui ne les connaît pas. Présents sur scène depuis plus d'un demi-siècle, les Osmonds ont réussi un pari que peu d'artistes parviennent à relever : défier les modes et la dictature musicale. Ecoutez, vous comprendrez.