études

  • L'école est sans cesse à réinventer

    La compétition et la délation sont partie intégrante de l'enseignement. Le système éducatif a cette fâcheuse tendance de s'inspirer de la structure militaire, rigide mais claire, où la faute de détail est durement sanctionnée. La forme prend le pas sur le contenu, l'apparence dissimule la profondeur qui recèle pourtant de trésors insoupçonnés.

    N'est pas maître qui veut. Ce n'est pas le diplôme ou les études qui définissent le professeur, mais la passion d'une matière, le talent de transmettre l'essence de chaque discipline, l'art de travailler dans l'unité tout autant que dans le respect des différences de chacun.

    On a oublié que l'enseignement était une discipline réservée à des "artistes" dans l'âme. Au sens où ceux-ci doivent mettre leur savoir, leur expérience au service des étudiants. L'enseignant leur livre en somme "sa" vision d'une matière, et non une vérité immuable. Sa vision est appelée à être décortiquée par les élèves qui reconstruiront un autre modèle, kaléidoscopique celui-là, et perceptible par toute la classe, puisque chacun aura mis son expérience à l'édification d'un savoir. Ainsi les maîtres qui instruisent la classe, seront à leur tour éclairés par les étudiants. Le système scolaire y gagnera en souplesse, en intelligence et en humilité.

    Les derniers de classe devraient pouvoir ainsi gagner du terrain car nous avons tout un talent, une connaissance à transmettre. L'école est un lieu d'échanges de savoirs, d'expériences et non un lieu qui distille des idées de type "monolithe", non un lieu où certains élèves moins armés que d'autres, jouent le rôle de "tête de turc", non un lieu où la discipline militaire écrase les bonnes volontés sous prétexte qu'elles sont différentes et donc marginales par rapport au sacro-saint programme scolaire.

    Il faut réinventer l'école, et non la dénaturer sans cesse. Il faut inclure les parents dans le processus de réinvention et en faire des acteurs de l'école, et non limiter leur intervention à l'exigente alimentation financière des lycées. Si l'école n'est pas à l'image d'une démocratie, comment peut-elle encore assurer l'essentiel de sa mission: former les femmes et les hommes qui seront les acteurs d'un avenir meilleur?