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  • Quand l'Europe se fabrique en Chine

    Il est des mystères qui nous dépassent, Je veux parler des incohérences politiques. Lors d'un samedi "portes ouvertes" aux institutions européennes, fascicules et gadgets étaient distribués, histoire de sensibiliser les citoyens aux enjeux majeurs de l'Union Européenne. Outre la réelle urgence de telles dépenses pour des babioles qui ne convaincront personne, j'ai de sérieux doutes sur les retombées économiques au sein de l'Europe. Podomètre fait en Chine, sac bleu européen fait en Turquie, batterie portable fabriquée en Chine, stylo à billes swiss made, tee-shirt confectionné au Bangladesh, etc. L'Europe consomme mais ne fabrique plus et c'est bien là son problème.
     

  • "Soumission" de Michel Houellebecq: des longueurs mais vraisemblant

    PHOa3cea9dc-8f82-11e4-979b-eaeb82fec498-805x453.jpgHouellebecq a, je l'avoue, quelque chose qui m'agace. Son apparente nonchalance? Son je-m'en-foutisme un tantinet ronflant? Ses pantalons toujours trop courts?

    Son style littéraire, trop cérébral, parfois guindé et ses phrases interminables (elles s'étirent parfois sur une quinzaine de lignes) m'ennuient profondément. L'histoire m'a toutefois captivée de bout en bout et m'a déstabilisée par ses accents de vraisemblance. Tout est subtilement construit pour que le lecteur abandonne sans révolte les reliquats de sa civilisation, de sa culture et s'installe dans la normalité d'un Islam modéré.

    Cette oeuvre de politique-fiction suscite énormément d'interrogations, à l'heure où les horizons de l'Europe qu'on a rêvée, demeurent brumeux. A l'heure aussi où les flux de populations déplacées contre leur gré, découvrent une Europe qu'ils croyaient ouverte et accueillante mais qui demeure frileuse à leur égard.

    Houellebecq fait assurément oeuvre de visionnaire avec "Soumission". L'auteur y fourre, avec flegme et détachement, toutes les inquiétudes de notre société occidentale dont les valeurs sont peu à peu métamorphosées. Tout y est exposé de façon neutre, sans critique, sans complaisance. Au lecteur de prendre position,s'il le désire. Ce qui a sans doute valu à Houellebecq d'être taxé d'islamophobe. Ce qu'il n'est pas puisque François, le narrateur (qui ressemble étrangement à son auteur, à mon avis) finit par se convertir à l'Islam pour enseigner à nouveau à la Sorbonne désormais financée par l'Arabie Saoudite.

    Un livre qu'on lit d'une traite, malgré les longueurs, qui vous percute et déclenche votre réflexion et rien que pour ça, "Soumission" vaut la peine qu'on y fourre le nez.

  • Les destins enchevêtrés de l'Amérique et de l'Europe

    L'Amérique, c'est aussi notre histoire

    Tour & Taxis (Bruxelles) jusqu'au 9 mai 2011

    IMG_3505.jpgSi, comme moi, vous êtes un afficionado des Etats-Unis, l'exposition actuellement visible à Tour & Taxis ne vous apprendra probablement pas grand chose Elle ne dépaysera pas non plus ceux qui fouleront, un jour ou l'autre, le sol américain. C'est que la terra n'est pas si incognita que ça.

    L'Amérique, c'est un peu le miroir de l'Europe mais c'est aussi, à certains égards, son miroir aux alouettes. Europe et Amérique partagent des bouts d'histoire commune et  une relation ambivalente, pétrie d'élans love/hate. Amour parce que l'Amérique, c'est le souffle de liberté et d'audace qui manquait au vieux continent, c'est la terre du nouveau départ. C'est la patrie soeur prête à sacrifier ses enfants pour la libération de ses cousins européens. Haine parce que ses excès agacent, du puritanisme au maccarthysme en passant par les dérives de son capitalisme financier. Adulée ou honnie, l'Amérique demeure, pour l'Europe, la terre de toutes les promesses, et une possible vision de son futur. L'Amérique a beau être ce qu'elle est, l'Europe finit toujours par s'en inspirer. A tort ou à raison.

    IMG_3533.jpgL'exposition à Tour & Taxis n'a pas vraiment choisi la carte de l'originalité. Elle a toutefois l'avantage d'être accessible et de rythmer l'aspect narratif par l'apport d'installations d'artistes européens et américains. Mais elle ne se départit pas des habituels clichés : Amérique, terre du fast-food et des parcs d'attractions, de Hollywood et de la conquête spatiale, accablée par un passé tissé de génocide, d'esclavage, de racisme, mais aussi marquée par son génie, ses conquêtes et ses inventions. 

    En outre, l'expo pèche par son manque de vigilance dans le détail... Des erreurs grossières font grincer les dents du visiteur un tant soit peu attentif : Alfred Einstein au lieu d'Albert Einstein,  San Fransisco pour San Francisco, ou encore Dennis Hopper (acteur et réalisateur décédé l'an passé) au lieu d'Edward Hopper, peintre des "oiseaux de nuit" ("Nighthawks")...

    Susceptible d'intéresser un large public familial, l'exposition multiplie les accroches et les poncifs. Elle transporte le visiteur dans des atmosphères, suscite tour à tour l'émotion, l'indignation, l'amusement, la tendresse, la rêverie. Les sourires en coin aussi lorsqu'on aborde l'époque moderne à travers ses décennies cultes : les 60's et sa barbie hippie, les 70's et ses séries télévisées inoubliables... "L'Amérique, c'est aussi notre histoire" ne soulève qu'un pan de la toge de la Statue de la Liberté... On aurait sans doute aimé en voir un peu plus...

    Nad © (Photos de presse © www.europe-usa.be)

    Jusqu'au 9 mai 2011, Site de Tour & Taxis, 86 C avenue du Port à 1000 Bruxelles.

    Informations : 32 2 549 60 49

    info@expo-europe-usa.be

    www.expo-europe-usa.be