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  • Miroir, mon beau miroir...

    Il paraît que les gens les plus beaux réussissent mieux dans la vie que les autres. Lors d'un entretien d'embauche, ils ont plus de chances d'être repérés, même si leurs capacités et leur niveau d'études sont inférieurs à d'autres candidats, moins avantagés physiquement. Mieux encore (enfin... ça dépend de quel côté on se situe): leurs salaires sont plus élevés et on a tendance à pardonner plus facilement aux charmants minois. De nos jours, l'emballage est décidément plus impressionnant que le contenu. 

    Il n'y a qu'une catégorie professionnelle qui semble peu touchée par le phénomène. Les politiciens sont, à mon avis, rarement séduisants et nous sommes cependant nombreux à tomber dans leurs filets. Le pouvoir se suffirait-il à lui-même? L'exercice du pouvoir et le charisme échappent à la tyrannie de la beauté. Comment capture-t-on des voix, assises essentielles d'une carrière politique? C'est encore un mystère pour moi mais je suppose qu'un mélange d'empathie et d'emberlificotage rendent la recette irrésistible. 

    Pourtant, la beauté est un leurre, reconnaît la sagesse populaire. Ne dit-on pas que l'habit ne fait pas le moine? Et même si la beauté est dans les yeux de celui qui regarde (Oscar Wilde), force est de constater que beaucoup d'entre nous seraient prêts à sacrifier jusqu'à leur âme pour posséder la beauté éternelle. Selon l'étude de la psychologue française, Scania de Schonen, directrice de recherche au CNRS, des bébés de seulement trois jours fixent davantage les visages gracieux que les autres. 

    On n'a sans doute jamais autant cultivé le culte de la beauté. J'en veux pour preuves le selfie stick et notre obsession de l'image. L'importance de l'apparence est telle que nous nous arrêtons souvent à la première impression et que par être, nous entendons paraître. Plaire à tout prix pour être mieux accepté dans la société, pour se sentir mieux dans sa peau... mais le miroir dit-il la vérité?