société de consommation

  • Pas tous égaux devant l'argent

    En 1947, l'argent était déjà un sujet délicat. Lilliput Magazine a calculé le temps que consacre une personne à gagner £ 1, en tenant compte du statut social. Les choses changent finalement peu. Un joueur de foot gagne £ 1 en 9 minutes quand une infirmière doit travailler pendant 17 h et 20 minutes pour obtenir la pièce. Un docteur travaille presque pendant 5 heures et un politicien reçoit la livre en une heure et demie. Faut-il mentionner les magnats du cinéma qui gagnent une livre en... 11 secondes!

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  • L'obsolescence programmée ou comment planifier la mort des objets dans la société du gaspi

    dyn003_original_322_990_jpeg_2512211_646b1fdccc23373b49c2f69ccece8201.jpgL'aspirateur vous lâche, le frigo exhale son dernier soupir, le lave-linge s'essoufle et s'éteint, la télé affiche un écran noir, la voiture prend sa retraite, déclarée hors usage par le contrôle technique. Les objets de notre quotidien se réparent de moins en moins et se remplacent davantage. Qu'une voiture soit destinée à la casse après dix années de roulage ou qu'une machine à laver soit... lessivée au terme de sept années de services menés tambour battant, personne ne s'en offusque plus.

    Et si tout cela était prévu... J'avoue que l'idée m'a effleurée à plus d'une reprise. Chaque fois qu'un appareil ménager arrive en fin de vie, j'ai toujours cette étrange sensation de ne pas en voir eu pour mon argent. Bizarre, en effet, qu'une machine claque juste quelques semaines après la fin de la garantie. Coïncidence ou intention ?

    L'excellent documentaire "Prêt-à-jeter, l'obsolescence programmée" a levé mes derniers doutes sur le sujet. Depuis les années 1920, les objets sont fabriqués pour avoir une durée de vie limitée. L'objectif étant bien entendu de stimuler la consommation. Mais ce qui semble être une question de logique et de survie du capitalisme, est une aberration : le but de la croissance est de... croître à l'infini. "Un objet qui ne s'use pas est une tragédie pour les affaires", lisait-on d'ailleurs dans une revue en 1928. Aujourd'hui, c'est une tragédie pour l'humanité.

    Consommez, consumez

    Sans titre-Numérisation-35 (Copier).jpgLa masse de nos détritus ne cesse d'enfler, polluant les sous-sols, tuant à petit feu l'environnement et la population tiers-mondiste. En Afrique, jeter est une ineptie. On ne jette pas, on récupère, on répare, on donne une autre vie aux objets. Nos déchets informatiques occidentaux souillent le Ghana où les habitants les recyclent infatigablement. Parce que nos PC, nos imprinantes, nos scanners, nos GSM ne sont pas irrécupérables. Parce que leur usure a été inscrite dans leurs puces. Parce qu'il faut vendre. Encore plus. Toujours plus. Consommez, bon peuple, consumez votre vie et votre planète.

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    Des économistes, comme le Français Serge Latouche, prônent un autre modèle de société : la décroissance.

     

    Le développement débridé de la société de consommation va de pair avec la destruction des ressources naturelles qui ne sont pas inépuisables, estiment les "décroissants". Consommer moins ne peut en tous cas faire de mal à personne. Au contraire. Réduire notre empreinte écologique et contraindre les entreprises à poser l'accent sur la qualité et la longévité du produit ainsi que sur le respect de l'environnement, ne peut certainement faire de tort à l'humanité.

  • Quand la banque nous braque

    Visite à la banque avec mon fils pour la clôture d'un compte d'épargne. Mais on ne récupère pas quelques milliers d'€ aussi facilement, quand bien même il s'agit de notre menu pactole. "Avez-vous réellement besoin de cet argent?", ironise-t-il? Il ébauche une autre amorce "Il vaut mieux rentabiliser l'argent et le bloquer chez nous pendant cinq ans." On croit rêver. Nous avions cru réclamer notre dû sans demander notre reste. C'était sans prévoir un mini-interrogatoire qui nous laisse un arrière goût de cendres. Poignée de questions à mon fils. "Pourquoi voulez-vous partir?" "Vous êtes étudiants... en quoi?" "Vous avez un kot? Vous utilisez donc les transports en commun?" L'objectif est de nous culpabiliser, de nous inférioriser, de nous persuader que l'argent que mon fils veut récupérer n'est pas le sien mais celui de la sacro-sainte banque. Nous sortons avec notre dû, humiliés, écoeurés, moralement dépossédés. C'était la 3e tentative de clôture de ce compte! Nous sommes les pièces d'un échiquier géant où les règles du jeu se modifient sans cesse. On vire enfin la somme et nous le sommes dorénavant aussi (virés) mais LIBRES... Enfin... Libres d'être hameçonnés par une autre banque.

  • Gagner sa vie et perdre son âme

    Travailler ne permet plus aujourd'hui de "gagner" sa vie. Impossible de s'amasser en une vie un "pactole" qui fondra comme neige au soleil. La société contemporaine nous enseigne que l'argent ne se transmet que par héritage, ou en désespoir de cause, par le gain, par le jeu. L'argent ne se gagne plus, il se joue.

    En bourse, aux casinos, au tiercé, au lotto, au win for life... On joue pour récolter les fruits du hasard, généreux avec les uns, cruel avec les autres ; les comédiens jouent, de même que les sportifs de haut niveau et les musiciens, et c'est payant.. Le jeu procure du plaisir et le plaisir, l'un des grands piliers du consumérisme, produit de l'argent. C'est à qui réussira à amasser le plus de bourses, le pouvoir est à la clé. Pouvoir d'être respecté, d'avoir un surplus de vie, de mépriser les improductifs et de piétiner les rêves des poètes. Etre est éternel, avoir est une forme de faire-valoir. La richesse n'est pas là où on la croit être.