télémarketing

  • Pour la vente, c'est allô

    Le téléphone sonne. Mon mari décroche et m'invite à écouter. Brouhaha. C'est un plateau téléphonique quelque part dans le monde. Un téléconseiller tente de fourguer sa marchandise. Il n'a pas remarqué que nous l'entendons. Nous écoutons les conversations. Une dame feint d'être pressée de s'occuper de son jardin. Une autre gobe tout. C'est alors que mon mari a une réaction des plus étranges. Il se met à pousser un cri entre grésillement et grognement de monstre. Silence. "Madame? Madame?", lance le téléconseiller, inquiet. La dame qui gobait tout, vraisemblablement effrayée, a raccroché. Le téléconseiller, seul et inquiet, raccroche à son tour. Bip bip bip.

  • A vente agressive, consommateurs violents : affûtez plutôt votre sens de l'humour

    On sonne à la porte. Il est jeune. Il a l'oeil arrogant, l'allure carnassière, le rictus naissant de celui qui va bondir sur sa proie. "Gaz, électricité", marmonne-t-il en dissimulant malhabilement l'étiquette sur sa veste rouge. "Vous n'avez pas encore fait le changement?" Je lève un sourcil. En l'espace d'une seconde, je pensais qu'il venait pour relever les compteurs. Il griffonne quelque chose dans son carnet de notes et poursuit. "On n'est pas encore venu chez vous? Vous savez pourtant que les tarifs augmentent l'année prochaine : 15% de plus et vous préférez payer le prix fort... C'est incroyable!"

    En une poignée de mots moqueurs et quelques regards méprisants, il a réussi à me faire passer pour une abrutie. Son ton mordant, ses accents pressants puent la vente agressive. "Je suis libre de faire ce que je veux et de penser par moi-même", ai-je cru bon décocher à cet illuminé qui jette sur de très hypothétiques clients des ombres peu compatibles avec le nom de la société qu'il représente. Je ne la nommerai pas mais vous avez deviné. Il s'éclipse en lançant encore quelques piques, éteignant par la même occasion tout espoir de me convertir en cliente.

    "Je suis bien chez Madame *?" Le brouhaha du plateau téléphonique est perceptible et je flaire déjà l'arnaque. Après autant d'appels, je connais la voix insistante de Sarah et je devine l'intention de ses remplaçants. L'introduction est invariable. Je suis sur mes gardes, j'affûte mes inflexions, j'aiguise mes répliques. C'est plus fort que moi. Je m'énerve. "Vous êtes invitée, chère Madame, à une journée VIP dans un magasin près de chez vous." Cela ne m'intéresse pas mais elle insiste. "Je n'ai rien à vous vendre, seulement une offre à vous faire." Suis-je donc aussi stupide de refuser ce cadeau ? Oui. Je raccroche net en prenant soin de préciser encore et toujours que je ne désire pas être contactée et que je n'achèterai rien. En vain.

    Il paraît même que certaines nouvelles méthodes de vente sont d'une provocation sans bornes. Le démarcheur entre dans la maison sans y être invité, s'assied à votre table et vous prie, l'air dégagé, de vous servir une tasse de café. Que vont-ils encore inventer dans les bureaux de marketing ? Les techniques de vente agressive ne récoltent qu'irascibilité et violence de la part du consommateur. Les plus sereins, les plus doués en humour tireront aisément leur épingle du jeu. "Madame *? Je suis navrée mais elle vient de décéder. Si, si, c'est bien moi." On vous raccrochera au nez vite fait. "Je n'achète plus rien, Madame. J'ai décidé de ne plus consommer, je me consume." C'est une folle, pensera-t-on de vous et on espacera probablement les appels mais on s'obstinera. Les interlocuteurs changeront sans doute mais on s'acharnera. Si vous optez pour l'humour, vous aurez gagné en imagination et en sagesse. Et de consommateur, vous serez passé à producteur d'un commerce plus agréable.

  • Y'a de l'eau dans le gaz!

    On sonne à la porte. Il a l'oeil arrogant et sombre, le rictus naissant de celui qui va bondir sur sa proie.
    "Gaz, électricité", grogne-t-il en dissimulant l'étiquette sur sa veste rouge. "Vous n'avez pas encore fait le changement?" Je lève le sourcil. Il griffonne quelque chose dans son classeur. "On n'est pas encore venu chez vous? Vous savez pourtant que les tarifs augmentent l'année prochaine et vous préférez payer le prix fort... C'est incroyable!"


    Son ton mordant, ses accents obscurs puent la vente agressive. "Je suis libre de faire ce que je veux et de penser par moi-même", ai-je cru bon décocher à cet illuminé qui jette sur (de très) hypothétiques clients des ombres peu compatibles avec le nom de la société qu'il représente.


    Il s'est éclipsé en lançant encore quelques piques, éteignant tout espoir de me convertir en cliente.

  • Un humain sur un plateau téléphonique, ça arrive

    Je ne supporte pas le télémarketing. D'autant que j'ai l'impression de parler à des machines qui délivrent leur leçon avec autorité sans pouvoir placer le moindre mot. J'avoue que j'ai parfois tendance à m'emporter en flairant l'arnaque mais pour la première fois, j'ai communiqué (oui, "communiqué"!) avec une personne compréhensive pour laquelle j'ai vraiment de la compassion. L'appel venait de l'étranger. Elle a pris la peine de m'écouter, de répondre à mes questions et ne m'a rien proposé. Elle s'est finalement excusée de m'avoir dérangée et je me suis dit qu'elle n'avait pas choisi ce job peu gratifiant et mal payé. Gageons que les vrais responsables de cette technique harcelante et intrusive sont, eux, grassement payés et n'ont pas à subir les foudres des appelés. Car des appelés, il y en a beaucoup mais des élus, il n'y en a pas...