terrorisme

  • Mon coeur est à Orlando

    Mon coeur pleure avec les victimes et leur famille à Orlando.
    "J'imagine que l'une des raisons pour lesquelles des gens s'accrochent obstinément à leur haine, c'est parce qu'ils devinent, qu'une fois leur haine dissipée, ils seront forcés de faire face à la douleur."
    James Baldwin, La prochaine fois, le feu

  • Bruxelles, les jours d'après

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    L'atmosphère est tellement prenante devant la Bourse à Bruxelles qu'on y demeurerait des heures, sans perdre son temps. Comme si le temps et l'humanité avaient repris du sens. Le parfum de la vie y est si fort qu'on n'a plus envie de fermer les yeux. Alors on allume des bougies à n'en plus finir, pour rivaliser avec les étoiles et éclairer nos pupilles étincelantes jusqu'au bout de la nuit.
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  • Où est la sortie?

    Sortie.jpgQu'est-ce qui ne tourne pas rond sur cette planète? Je me demande parfois si le mot "humain" a encore une quelconque signification. Je suis broyée. Ecoeurée. Révulsée. Une fois de plus. Comme la plupart d'entre nous. La barbarie et la terreur ne sont ni des opinions ni des idéologies et ne peuvent par conséquent être cautionnées par la liberté d'expression. La tyrannie n'appartient à aucune philosophie digne de ce nom. La haine et la violence n'ont rien à voir avec une quelconque foi. 

     

    Tuer les gens ne rapproche pas de Dieu ou d'Allah ou de quiconque. Cela les aspire vers le néant. Nous sommes un. Nous partageons la même humanité. Nous sommes faits de chair et de sang. Nous sommes des êtres doués de sensibilité et d'intelligence, n'est-ce pas? A l'instar des autres animaux. Il n'existe toutefois aucun animal qui tuerait juste parce qu'il ne peut supporter l'existence d'un autre animal. Ou parce qu'il préférerait la mort à la vie. Sommes-nous l'espèce la plus toxique qui existe?

     

    Parfois, j'aimerais qu'il existe une véritable issue de secours.

  • Tolérer tout sauf l'intolérable...

    charlie,terrorisme,liberté,pensée,tolérance,religionPrès d'un mois après l'attentat contre Charlie, notre système de pensée est toujours au coeur de la tourmente. D'aucuns en viennent même à se demander si la tolérance ne s'arrête pas là où commence l'intolérance de l'autre. Où commence le blasphème et où s'arrête la tolérance? L'idée qu'il faudrait peut-être se fixer des interdits pour ne pas fouler les suceptibilités de l'autre, fait petit à petit son chemin. La liberté d'expression est sans doute à ce prix mais se poser cette question, c'est comme s'imaginer que l'oiseau peut suspendre son vol aux frontières.

    Bref, s'agit-il de tolérer tout, à l'exception bien entendu de l'intolérable?

    Certains soutiennent, en effet, que la liberté d'expression doit faire preuve de retenue lorsqu'il s'agit de religion. S'il est une limite à la liberté d'expression, pourquoi s'arrêter en si glissante pente et ne pas s'accorder davantage de libertés... D'accord pour parler de tout sur tous les tons mais pas question d'aborder la spiritualité (trop subversif), la politique (l'autorité, ça se respecte, un point, c'est tout), la publicité (garante de la consommation, donc de la croissance économique) et tutti quanti. Evacuer certains sujets sensibles, c'est malgré tout étrangler la liberté de parole, peu à peu mais sûrement. Si selon quelques-uns, la religion est sacrée, pour d'autres, c'est la liberté d'expression qui l'est.

    Toutefois si ma liberté ne peut souffrir de limites, elle peut rapidement en devenir envahissante et ironiquement restreindre celle des autres. Ce qui fait dire au bon sens que ma liberté s'arrête là où commence celle d'autrui. Faut-il alors se résoudre à éviter de rire de ou même de s'exprimer sur la religion, sous prétexte qu'on empiète sur la liberté de l'autre? La foi fait-elle partie intégrante de l'individu, à un point tel qu'on ne peut en parler sans meurtrir l'homme?

    Depuis la nuit des temps, la spiritualité est indissociable de l'humain. La pensée monolithique des temps ancestraux a progressivement fait place à un foisonnement d'idéologies. Aujourd'hui, l'homme s'est forgé sa propre religion. Ou pas. La religion est devenue à l'image de la société : individuelle, délocalisée, en kit, choisie, adaptée, métissée. Mais pour certains, elle est diluée dans l'identité. En l'absence de valeurs et de repères, certains s'accrochent à la spiritualité comme à une bouée de sauvetage. Et pendant ce temps, les requins rodent...

    Evacuer le "spirituel" de la spiritualité (ou ôter le "religieux" de la religion), c'est se mettre le doigt dans l'oeil. Croire qu'on peut parler à la place de Dieu et qu'on détient la vérité,  ce n'est pas de la liberté d'expression. C'est de l'obscurantisme. La haine n'est pas une forme d'expression. C'est une forme d'extinction. Extinction des lumières, des libertés, de l'essence même de la nature humaine. L'homme est bien la seule espèce au monde qui scie la branche sur laquelle il se repose. A propos... Le Journal de la Science vient de livrer les résultats d'une étude américaine selon laquelle la nature, l'art et la spiritualité seraient d'excellents anti-inflammatoires naturels. Quand on vous dit qu'il est bête de scier cette branche!

    (Illustration: Voltaire : "Traité sur la tolérance")