violence

  • Pas d'aller simple pour la haine!

    Je ne comprends pas la haine qui suinte de partout chez certains êtres. La haine est un boomerang : retour à l'envoyeur.

  • Les forts ne sont pas ceux qu'on croit

    La violence et la haine sont les armes des faibles. L'amour et la compassion sont celles des forts. La gentillesse n'est pas une faiblesse, c'est l'une des composantes du ciment qui nous unit, l'humanité. Ce qu'on diffuse a un impact indéniable sur l'autre. Plus on tend vers la douceur, plus on inspire des gens et on multiplie les chances d'avoir une humanité soucieuse d'améliorer son niveau de conscience et de réflexion. La haine tue le rêve et l'espoir, elle détruit, n'a pas ni finalité ni sens. Si elle est inhérente à l'être humain, elle agit comme un cancer, dévorant notre âme et notre sensibilité. Nous affaiblissant un peu plus chaque jour. L'amour seul est capable de restaurer ce qu'il y a de meilleur au fond de nous. Convaincre nos pairs que l'humanité est à ce prix, est le véritable défi du siècle.

  • Où est la sortie?

    Sortie.jpgQu'est-ce qui ne tourne pas rond sur cette planète? Je me demande parfois si le mot "humain" a encore une quelconque signification. Je suis broyée. Ecoeurée. Révulsée. Une fois de plus. Comme la plupart d'entre nous. La barbarie et la terreur ne sont ni des opinions ni des idéologies et ne peuvent par conséquent être cautionnées par la liberté d'expression. La tyrannie n'appartient à aucune philosophie digne de ce nom. La haine et la violence n'ont rien à voir avec une quelconque foi. 

     

    Tuer les gens ne rapproche pas de Dieu ou d'Allah ou de quiconque. Cela les aspire vers le néant. Nous sommes un. Nous partageons la même humanité. Nous sommes faits de chair et de sang. Nous sommes des êtres doués de sensibilité et d'intelligence, n'est-ce pas? A l'instar des autres animaux. Il n'existe toutefois aucun animal qui tuerait juste parce qu'il ne peut supporter l'existence d'un autre animal. Ou parce qu'il préférerait la mort à la vie. Sommes-nous l'espèce la plus toxique qui existe?

     

    Parfois, j'aimerais qu'il existe une véritable issue de secours.

  • J'ai les doigts tachés d'encre et l'âme gonflée de sang

    JesuisCharlie.jpgC'est vrai, j'ai déserté les lieux depuis un certain temps mais là, je suis écoeurée. J'ai la plume meurtrie et les ailes coupées. Je ne réalise pas toujours la chance que j'ai de vivre dans un pays où la liberté d'expression et les valeurs humanistes ont encore un sens. Qu'une poignée de fous sanguinaires balayent d'un revers de kalachnikov, les fondations mêmes de la pensée humaniste, me révulse.

    Comme elle révulse l'âme de millions de gens qui sont désormais Charlie. Depuis mercredi, les mouvements spontanés qui ont déferlé un peu partout dans le monde, ont prouvé que des quidams pouvaient se donner la main et se rassembler sous la bannière "JeSuisCharlie", témoignant par là même que des mots comme solidarité, compassion, tolérance et liberté sont bien à l'épreuve des balles et de la violence.

    Et même si la haine charrie des torrents d'amertume, il n'est pas question de mettre en berne les bannières de la non-violence. Ni de stigmatiser ceux et celles qui pratiquent leur religion dans le respect de l'autre.

    Le musée juif de Bruxelles fut, il y a quelques mois, la cible d'un terroriste. De même que l'école juive de Toulouse, voici presque trois ans. Carnage chez Charlie Hebdo, prises d'otages simultanées dans une imprimerie et dans une supérette juive... Cette fois, le fanatisme (je me refuse de le qualifier de religieux dont l'étymologie se réfère au mot "relier" et renvoie par conséquent aux notions de fraternité et de paix), le fanatisme donc a frappé notre saine propension à l'irrévérence, froissé notre légitime fierté d'individus libres. Des barbares intégristes veulent réveiller nos angoisses et déstabiliser les fondements de la démocratie.

    Ce fascisme gavé par une minorité de meurtriers ne parviendra jamais à anéantir les consciences éveillées ni à museler notre capacité de réflexion et de rire... et même si depuis une poignée de jours, on sait qu'on peut vraiment m705513-charb-dessins.jpg?modified_at=1420643573&width=750ourir de rire. Qui pourrait cependant se targuer de tuer l'humour puisqu'il s'agit du propre de l'homme... L'ère de l'insouciance est sans doute révolue mais pas celle de l'impertinence.

    Si les religions diffèrent dans leurs formes, elles nous fédèrent dans le fond, c'est-à-dire dans les meilleurs aspects de notre humanité. Ne disent-elles pas toutes que Dieu est amour... voire humour? Au nom de quel dieu peut-on massacrer son prochain? Pas une seule pensée, pas une seule intelligence digne de ce nom ne peut justifier l'inhumanité. Ceux qui pensent étouffer la parole d'un revers de fusil, se fourrent le doigt dans l'oeil. On ne dissimule pas la liberté de pensée sous des flaques de sang. On se parle. On s'explique. On se tend la main. On tente de se comprendre. On se respecte.

    Un cri, c'est une bombe. Quand une voix s'éteint, quand un crayon se brise, des clameurs grondent par myriades. La liberté d'expression relève la tête, elle en revient, plus forte, plus déterminée. Les Wolinski, Cabu, Charb et Tignous aux traits d'encre sympathique et les autres, ne sont pas morts. Parce que les armes ne gommeront jamais un dessin. Parce que la parole libre est plus puissante que l'obscurantisme. Les graines de la terreur ont beau être semées, elles ne fleurissent jamais. Jamais.

    (Illustration prémonitoire de Charb provenant du site liberation.fr http://www.liberation.fr/societe/2015/01/07/charb-le-visage-pale-et-perdu-d-un-enfant-triste_1175450)

  • A vente agressive, consommateurs violents : affûtez plutôt votre sens de l'humour

    On sonne à la porte. Il est jeune. Il a l'oeil arrogant, l'allure carnassière, le rictus naissant de celui qui va bondir sur sa proie. "Gaz, électricité", marmonne-t-il en dissimulant malhabilement l'étiquette sur sa veste rouge. "Vous n'avez pas encore fait le changement?" Je lève un sourcil. En l'espace d'une seconde, je pensais qu'il venait pour relever les compteurs. Il griffonne quelque chose dans son carnet de notes et poursuit. "On n'est pas encore venu chez vous? Vous savez pourtant que les tarifs augmentent l'année prochaine : 15% de plus et vous préférez payer le prix fort... C'est incroyable!"

    En une poignée de mots moqueurs et quelques regards méprisants, il a réussi à me faire passer pour une abrutie. Son ton mordant, ses accents pressants puent la vente agressive. "Je suis libre de faire ce que je veux et de penser par moi-même", ai-je cru bon décocher à cet illuminé qui jette sur de très hypothétiques clients des ombres peu compatibles avec le nom de la société qu'il représente. Je ne la nommerai pas mais vous avez deviné. Il s'éclipse en lançant encore quelques piques, éteignant par la même occasion tout espoir de me convertir en cliente.

    "Je suis bien chez Madame *?" Le brouhaha du plateau téléphonique est perceptible et je flaire déjà l'arnaque. Après autant d'appels, je connais la voix insistante de Sarah et je devine l'intention de ses remplaçants. L'introduction est invariable. Je suis sur mes gardes, j'affûte mes inflexions, j'aiguise mes répliques. C'est plus fort que moi. Je m'énerve. "Vous êtes invitée, chère Madame, à une journée VIP dans un magasin près de chez vous." Cela ne m'intéresse pas mais elle insiste. "Je n'ai rien à vous vendre, seulement une offre à vous faire." Suis-je donc aussi stupide de refuser ce cadeau ? Oui. Je raccroche net en prenant soin de préciser encore et toujours que je ne désire pas être contactée et que je n'achèterai rien. En vain.

    Il paraît même que certaines nouvelles méthodes de vente sont d'une provocation sans bornes. Le démarcheur entre dans la maison sans y être invité, s'assied à votre table et vous prie, l'air dégagé, de vous servir une tasse de café. Que vont-ils encore inventer dans les bureaux de marketing ? Les techniques de vente agressive ne récoltent qu'irascibilité et violence de la part du consommateur. Les plus sereins, les plus doués en humour tireront aisément leur épingle du jeu. "Madame *? Je suis navrée mais elle vient de décéder. Si, si, c'est bien moi." On vous raccrochera au nez vite fait. "Je n'achète plus rien, Madame. J'ai décidé de ne plus consommer, je me consume." C'est une folle, pensera-t-on de vous et on espacera probablement les appels mais on s'obstinera. Les interlocuteurs changeront sans doute mais on s'acharnera. Si vous optez pour l'humour, vous aurez gagné en imagination et en sagesse. Et de consommateur, vous serez passé à producteur d'un commerce plus agréable.