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  • Des nouvelles : "Le temps est conté"

    Recueil de nouvelles hésitant entre réel et folie, "Le temps est conté" rassemble des histoires banales qui finissent imperceptiblement par basculer dans le fantastique ou l'absurde. Si vous aimez les monstres, les vampires, les fantômes, les personnalités borderline ou carrément schizophrènes, je vous invite à grappiller quelques pages au creux de mon âme (très perturbée).

  • Wattpad, les plumes au vent

    wattpad,écriture,lecteurs,livres,littérature,vampires,jeunesWattpad n'est pas une nouveauté mais c'en est une pour moi puisque j'ai installé l'application sur ma tablette, il y a peu. Les avis laissés sur Google play étaient tellement enthousiasmants que j'ai cédé aux sirènes de cette plateforme sociale souvent qualifiée de "YouTube de l'écriture". Fort de 45 millions d'utilisateurs, Wattpad permet de partager ses créations littéraires et de lire gratuitement des millions d'oeuvres. Comme il s'agit d'un réseau social, les lecteurs laissent leurs appréciations, critiques, conseils... Ce qui permet aux auteurs d'évaluer leur travail et surtout de se construire un lectorat.

    Premiers pas

    L'inscription fut laborieuse car la plupart des pseudos auxquels je songeais, étaient déjà pris. Et j'ai plutôt tendance à accorder de l'importance aux détails. Bref. Passé le cap du nom d'utilisateur et du mot de passe, j'ai été surprise qu'on me demande de sélectionner trois oeuvres pour étoffer ma bibliothèque virtuelle. L'ennui, c'est que je ne connaissais personne et encore moins, le contenu des créations. J'ai donc basé mes critères sur mes genres favoris, le titre et la force de la couverture. 

    Je suppose que l'algorithme veut établir mes choix le plus rapidement possible, afin de me proposer des livres susceptibles de me plaire. Bon et bien, me voilà avec trois livres qui ne sont pas vraiment des coups de coeur. Autant s'attaquer au premier. Qui sait? Ce sont peut-être des pépites.

    À la faveur d'une nuit blanche, je commence à lire la première œuvre. Et je me rends vite compte que je ne suis pas tombée sur le prochain prix Nobel de littérature. Les mots sont malhabiles et l'histoire se déploie sans grande surprise. C'est un récit mettant en scène des vampires sans grande originalité et sans profondeur, vraisemblablement pompée sur la saga "Twilight". L'auteur est jeune et multiplie les références à des membres de boys bands ou des acteurs de blockbusters. Les lecteurs sont plus emballés que moi. Les commentaires sont encourageants, certains sont salaces, d'autres empreints d'une naïveté puérile.

    Je supprime les trois livres imposés et pars à la recherche d'oeuvres plus consistantes. Grosse déception: entre histoires de vampires au look de stars de boys bands et histoires d'amour à l'eau de rose, j'hésite... D'autant que les fautes d'orthographe, de concordance de temps, de syntaxe... sont une constante. Après une certaine maîtrise de l'application et en cherchant bien, on finit toutefois par trouver son bonheur et dénicher des petites pépites au style fluide et orthographiquement soignés et des histoires qui tiennent vraiment la route. 

    J'ai tenté l'aventure et placé jusqu'à présent trois créations que je distille petit à petit chaque jour: un recueil de nouvelles, des souvenirs glanés au fil des années flower power et un livre dont les cent chapitres se lisent en moins de 5 minutes. Mon profil est ici.

    Wattpad, je suis pour

    1. C'est un petit monde farci de fraîcheur et de gentillesse. Par les temps maussades qui courent, J'ACHÈTE.
    2. La jeunesse, ça vous fouette l'esprit et ça vous oblige à vous surpasser. En outre, si vous êtes, comme moi, plus âgé, vous vous rendrez vite compte que ces jeunes ont des tas de choses à vous apprendre non seulement sur l'écriture mais sur la promotion de vos textes.
    3. Lorsqu'on se lance dans l'écriture, on obtient rapidement des réactions. Ce qui est franchement stimulant, quand on songe à la centaine de millions de textes proposés à la lecture.
    4. On communique directement avec ses lecteurs.
    5. L'inspiration vient en se frottant aux autres. La stimulation aussi.
    6. Certains osent miser sur la franchise ou pire, le second degré. Et ils le font avec adresse puisqu'ils semblent respectés dans leur domaine. L'audace est donc également payante.
    7. On ne perd finalement rien à populariser ses écrits. C'est un atelier d'écriture gigantesque qui permet à tous de partager des émotions et de faire progresser un récit.
    8. Il n'y a pas que des bad boys, des fans de boysband ou des histoires d'amour. Certains écrits sont d'une qualité redoutable et il y a des perles, si on prend la peine de s'attarder.
    9. Wattpad prouve qu'à l'ère d'Internet, les jeunes veulent encore écrire et lire. Sans doute encore davantage qu'auparavant.
    10. La philosophie de Wattpad, c'est: pour qu'on s'intéresse à vous, intéressez-vous aux autres!

    Wattpad, je suis un peu moins pour

    1. La moyenne d'âge des utilisateurs de Wattpad doit frôler les 13/16 ans. Ce qui me place en outsider. Du coup, on tente de se fondre dans la masse et de suivre le mouvement. Pour éviter le choc générationnel, on essaie de se déguiser en teenager. Pas simple vu qu'on n'écrit pas avec les mêmes mots ni la même expérience de vie.
    2. Pour se faire remarquer, il faut absolument interagir puisque c'est un réseau social. Si on dépose ses écrits sans rien faire, on ne sortira jamais de l'ombre.
    3. Afin de s'attirer la sympathie, mieux vaut cependant être positif. La complaisance et les attentions sont résolument payantes.
    4. On ne gagne rien à écrire, sinon un gros capital sympathie si ça plaît et plus d'assurance.
    5. A-t-on encore intérêt à être publié si l'on a proposé un texte sur Wattpad? Qui achètera si l'oeuvre est disponible gratuitement?
    6. Le style malhabile et les fautes de français entravent la lecture mais en même temps, on n"a pas envie de casser les bonnes volontés parce qu'après tout, ils sont jeunes. très jeunes.
    7. Les meilleurs textes ne sont pas toujours récompensés pour leur qualité littéraire. Les lecteurs préfèrent souvent les fanfictions, les fictions qui, par exemple, mettent en scène un boysband comme les One Direction. Ouais et ça, ça file un p'tit coup de blues...
    8. Il faut publier ses oeuvres de façon linéaire (1er chapitre, 2e, etc.). L'appli est, à mon avis, trop rigide et devrait laisser plus de liberté pour ceux qui désirent écrire "en pagaille".
    9. On risque de se faire chiper des idées quand ce ne sont pas des textes entiers. C'est le revers d'Internet.
    10. Les oeuvres en anglais sont massivement représentées mais ça, c'est normal. Hé oui.
  • Pirater, c'est emprunter : ce n'est pas moi qui le dis, c'est un auteur piraté !

    Je ne me risquerai pas à faire l'apologie du téléchargement illégal. Il est des sujets sensibles qui fâchent. Allez savoir pourquoi on peut être considéré comme un dangereux criminel pour avoir enfreint le droit d'auteur...

    La copie illégale d'oeuvres protégées par le droit d'auteur, est frappée d'une sanction qui oscille entre 500 et 500.000 € et/ou une peine de prison de 3 mois à 2 ans. Sans compter les éventuels dommages et intérêts qui peuvent être réclamés en sus. Fin 2009, la BAF (lisez Belgian Anti-Piracy Federation) flanquait une gifle à un sexagénaire qui écopait de 15 mois de prison pour piratage de film et devait à la BAF des dommages et intérêts de près de 30.000 €. C'est qu'on ne rigole pas avec le droit d'auteur. Ici et ailleurs.

    Les couvertures glacées des magazines people ont beau nous abreuver des excès en tous genres des parvenus du show business. Johnny Hallyday a gagné, l'an passé, 11 millions d'euros. Yannick Noah a écoulé 400.000 exemplaires de son CD "Frontières". Mylène Farmer a vendu 250.000 DVD de son "Stade de France" et presque autant de CD "Bleu Noir". U2 a engrangé 130 millions de dollars, AC/DC, 114 et Lady Gaga a amassé la coquette somme de 62 millions d'euros grâce aux ventes de son album ainsiqu'au succès de sa tournée. Fort bien. J'arrête ici. Il y a bien entendu tous ces artistes qui triment à mort et demeurent des crève-la-faim - la majorité sans doute - mais ce ne sont pas leurs oeuvres qu'on s'arrache sur les sites de p2p.

    Les procès pour piratage donnent toujours l'amère impression que les "victimes" - majors, sociétés de défense des droits d'auteur - récupèrent souvent plus qu'une indemnisation symbolique et que les "coupables", parfois d'honorables citoyens n'ayant jamais rien eu à se reprocher auparavant, passent du jour au lendemain du statut de respectables à bandits de grand chemin virtuel.

    "Le piratage fait vendre" (Neil Gaiman)

    Le piratage serait-il responsable de tous les maux actuels ? Menacerait-il la liberté d'expression par la même occasion ? Pas si sûr.

    Sur http://zine.openrightsgroup.org/features/2011/video:-an-interview-with-neil-gaiman , l'auteur britannique Neil Gaiman, très célèbre dans les pays anglo-saxons pour ses livres de science-fiction et ses oeuvres fantastiques, livre une audacieuse interview à un journaliste du site ORG Zine (Open Rights Group : un groupe indépendant d'origine britannique qui milite pour la protection des données sur Internet). En substance, il affirme que le piratage lui a permis de tripler la vente d'un de ses livres !

    Echanger des livres électroniques sur Internet, c'est semblable à prêter un bouquin à un ami. En Russie où sa littérature se retrouve surtout sur les plateformes d'échanges, sa renommée s'est d'ailleurs répandue telle une traînée de poudre. Un jour alors qu'il donnait une conférence, il a demandé au public de s'exprimer sur son écrivain favori. La majorité a admis que la découverte d'un auteur s'est faite grâce au prêt d'un livre par un ami. Seule une minorité (5 à 10 %) a repéré son auteur favori en poussant la porte d'une librairie.

    Neil Gaiman a poursuivi l'expérience en persuadant son éditeur de mettre son roman "Les dieux américains" en téléchargement gratuit. Ce qui n'a guère empêché les ventes en magasin de progresser. "C'est de la publicité", déclare-t-il. Lorsqu'on a mis l'eau à la bouche d'un internaute, il achète le livre (ou le CD ou le DVD) parce qu'il devient fan. S'il n'aime pas, il n'aurait de toutes façons pas été acheteur. CQFD. Le piratage gonflerait-il donc les ventes ? Pirater équivaudrait-il à emprunter ? Un raccourci que Neil Gaiman, lui, a osé... emprunter.

             

         

  • Sans vieux papiers, moins d'émotions

    livre, vieux, rare, ancien, internet, web, roman, passé, papier, digital, toucher, page, fantôme, moisi, naphtaline, grenier, bouquin, ouvrage, reliure, littérature, Internet a certes changé mon rapport au livre. Le temps que je consacrais autrefois à la lecture gourmande a progressivement été englouti par l'irrésistible attrait exercé par cette médiathèque digitale aux possibilités illimitées.

    Et cependant, plus Internet prenait de la place dans mon quotidien, plus je m'attachais aux livres poussiéreux. Oubliés au fond d'un grenier. Qui sentent le moisi et la naphtaline. Ces ouvrages avaient vécu et semblaient reprendre une nouvelle bouffée d'existence, une fois la poussière soufflée et les toiles d'araignée balayées.

    La satisfaction immédiate, la facilité, l'efficacité du produit présentent bien entendu des avantages indéniables. Cependant, plus je surfe au creux de la vague Internet, plus j'y perds en profondeur, plus je me prive des bienfaits de la lenteur. Ma passion pour la lecture s'émoussait peu à peu mais la nécessité du contact physique avec le livre demeurait.

    livre, vieux, rare, ancien, internet, web, roman, passé, papier, digital, toucher, page, fantôme, moisi, naphtaline, grenier, bouquin, ouvrage, reliure, littérature, Palper un vieux livre, c'est toucher le passé du bout du doigt et de l'âme. Le papier jauni a préservé ses fantômes et les dégage lorsqu'on tourne ses pages écornées. C'est comme si le parfum entêtant d'une rose fanée s'enroulait en volutes autour de votre index inquisiteur. Comme si des sensations anciennes glissaient soudain sous votre épiderme pour atteindre vos nerfs et se répandre dans votre corps doucement habité par les esprits du passé.

    livre, vieux, rare, ancien, internet, web, roman, passé, papier, digital, toucher, page, fantôme, moisi, naphtaline, grenier, bouquin, ouvrage, reliure, littérature, Si j'aime renifler les pages d'un ouvrage neuf, j'avoue que le prix exorbitant de l'objet a fini par me décourager. Je préfère de loin les livres anciens aux prix doux qu'on exhume encore dans certaines bouquineries. Le voyage dans le temps commence au fond de ces éditions au charme désuet. 

    Aucun clavier au monde n'est capable de transmettre cette sensation unique, étrangement voluptueuse. Lorsque le livre de papier aura disparu, quelques vieux bouquins rares demeureront, tels des pièces de musée, des vestiges d'une époque où la littérature se déclinait sur des supports odorants et délicats, et où la littérature supposait goût des mots et réflexion.